Dub Camp jour 3 : la fièvre dub atteint son apogée!

Troisième et dernier jour du Dub Camp, le dimanche n’était pas pour autant le moins chargé niveau line-up. Au contraire puisque de gros sounds étaient programmés sous les trois chapiteaux : Aba Shanti I, Channel One, Dubkasm, Maasai Warrior ou encore les Français Kanka, Salomon Heritgae et Legal Shot… Avec un soleil radieux l’après-midi qui a accompagné les artistes et les festivaliers jusqu’à son coucher!

Le sound de Bristol, Maasai Warrior a achevé les massives de l'Outernational Arena.

Le sound de Bristol, Maasai Warrior a achevé les massives de l’Outernational Arena en fin de soirée.

Après deux nuits de danse dans les pattes, on pouvait s’attendre à voir des visages un peu plus fermés que la veille sur le site! Il n’en fut rien grâce au soleil, enfin franc et généreux, qui brillait sur le Dub Camp après une nuit de pluie continue!
Les festivaliers s’attardent donc dehors, assis sur dans les champs sur paille ou dans l’espace sympa aménagé pour le « chill-out »… La seconde bonne nouvelle était connue à l’avance : c’est la programmation! Pas de mauvaises surprises cette fois, pas d’annulation et du poids sur la balance sous les trois chapiteaux. Il allait falloir faire des choix douloureux…

Un peu arbitrairement, après un apéro sous le soleil au bord du canal, c’est le Dub Club Arena qui retient d’abord notre attention. Difficile de résister à la drôle de sirène à l’ancienne de Channel One! Ce n’est pas que ce sound soit inédit en France, loin de là même après trente-cinq ans d’activisme musical, mais ses sélections toujours bien senties aimantent inexorablement les massives. Mikey Dread et le MC Ras Kyleb forment un duo au top qui envoie du lourd sur la platine jusqu’à 20 heures!

C’est pas mal non plus à l’autre extrémité du site, dans l’Outernational Arena, où Mellow Vibes suivi de Kibir La Amlak font plus que chauffer la foule sur la sono des Montpelliérains de Jah Militant qui prendront la suite jusqu’à 23h dans une veine de plus en plus stepper…

Au centre, sous le Sound Meeting Arena, le son claque fort, très fort, trop fort? Non puisqu’il est réglé parfaitement. Comme la veille, ce sont pas moins de trois sonos réparties en six murs qui sonorisent l’espace à tour de rôle. Aba Shanti-I se montre particulièrement en forme dès la fin d’après-midi, ce qui laisse présager du meilleur pour la suite… Bénéficiant peut-être d’un des meilleurs systems du festival, en tout cas le plus charnu en basses, Salomon Heritage commence la soirée un peu classiquement avec des sélections de Marley ou de Denis Brown.
Mais le ton va vite monter avec les successions au micro de Nish Wadada qui revient et de Ras Tweed, le chanteur attitré du sound de Montpellier. Voix on ne peut plus chaleureuse, débit précis et incisif, lyrics conscients à souhait, voilà un vocaliste au top qui gagnerait à être plus diffusé. Cela tombe bien, l’homme s’apprête à sortir un album (Mek a raise), dont il livre plusieurs titres en avant première aux massives conquis par la justesse de son timbre.

Derrière, le crew Legal Shot, venu de la cité voisine de Rennes avec son monstrueux et reconnaissable system, piaffe d’impatience de prendre le relais. Les Bretons mettront le feu en rien de temps, passant toujours un peu vite sur les sélections, mais disposant d’un atout important dans leur manche : le top chanteur jamaïquain Echo Minott, lui aussi particulièrement en verve!

« This is the unrelaesed piece! », précise Stryda lorsque s’annonce la voix de Luciano…

Dans le même temps, du côté du Dub Club, c’est l’ébullition! Il faut dire que l’association en place fait des merveilles. Dubkasm de Bristol et ses riddims tonitruants que chevauche la grosse voix bien rauque de Solo Banton! Un must musical qui atteint son paroxysme avec la sélection d’un remix du morceau de Dub Judah, « Babylon is a trap » puis un autre remix du label Counter Action d’une tuerie d’Iration Steppas… Difficile de faire mieux. Que peut-on passer après ça pour ne pas faire retomber l’ambiance? Tout simplement, la release la plus en vue de l’année dernière dans le milieu du dub : « This is the released piece… », indique  DJ Stryda lorsque retentissent les cuivres souverains. « And this is the unreleased piece! », précise-t-il tout sourire lorsque s’annonce la non moins souveraine voix du Messenjah Luciano! « Victory » et ses versions, dont la dernière robotique à souhait, achèvent l’assistance et forment une belle transition pour le dub-maker Kanka, accompagné de son bassiste.

Toujours aussi discret et silencieux derrière ses machines, le Rouennais ne va pourtant pas mettre bien longtemps à conquérir les skankers. Il lui suffit de dérouler son dernier album Watch your step : « Worries & Problems », Disconnect yourself » ou encore le hit « Stepper Style » (feat. Echo Ranks) sur lequel une partie de la foule part même en pogo…

A minuit, l’ambiance est furieuse sous les trois chapiteaux, notamment à l’Outernational Arena où le son qui monte en Angleterre est en train d' »assassiner » méthodiquement un public pourtant endurant. Masai Warrior, c’est un truc à part, personne ne peut vraiment les suivre jusqu’au bout. La faute à leur énergie débordante! Le père MC d’abord qui hurle sans cesse dans son micro, saute partout, danse, et répète toujours les mêmes gimmicks quitte à en faire un peu trop. Dans l’ombre du paternel, sérieux et appliqué, le fiston est à la sélection et balance du stepper pure et dur, autoproductions et pas mal de sons made in France (OBF, I-Tist and the the Dub Machinist avec leur terrible « Flatron »…). Pendant près de quatre heures d’affilée  le duo de Bristol propose donc une danse furieuse et bien hardcore aux massives les plus résistants.

Une avalanche de dubplates

Sous le Sound Meeting, plein comme un oeuf, on assiste à la leçon d’Aba Shanti-I, maître es sound system, qui termine son set en beauté par une avalanche de dubplates toutes plus bad les unes que les autres, notamment celles de son fils, le jeune Ashanti Selah, également présent comme le frère d’Aba, Blood Shanti. Salomon Heritage et Legal Shot font mieux que se défendre lors d’un dub fi dub d’anthologie mais le Londonien reste hors de portée tant au niveau de l’intensité sonore qu’en matière de sélections. Qu’importe, la danse est belle, partagée, endiablée, enfiévrée et comme la veille et l’avant-veille, personne ne veut quitter les enceintes lorsque le son s’arrête net, au beau milieu de la nuit.

Tout le monde, les artistes en premier lieu, semble avoir l’énergie pour poursuivre jusqu’à l’aube et c’est peut-être le seul petit regret qu’on peut émettre sur le Dub Camp Festival. Que le plaisir ne dure pas jusqu’au petit matin! Plus c’est long, plus c’est bon dit l’adage. Et ces trois jours, trois soirs et trois demi-nuits de sound system démontrent que le dub s’écoute sur la longueur et qu’il est presque impossible de s’en lasser quand il est joué dans de telles conditions : sur des sonos artisanales réglées au poil et disposées dans un site spacieux en pleine nature.
Longue vie au dub, qui a donc trouvé au Pellerin son plus beau camp retranché! Un camp où la guerre n’est que musicale et accouche toujours des mêmes vainqueurs: nos oreilles. Il va falloir se creuser les méninges pour égaler un tel niveau lors de la seconde édition!

Reportage : Musical Echoes. Emmanuel Blender (textes et mise en forme), Tom Tsoham (photos et vidéos). 

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Le temps est enfin au beau fixe sur le site en ce dimanche!

 

Les festivaliers profitent du soleil après une journée de pluie la veille.

Les festivaliers profitent du soleil après une journée de pluie la veille.

 

Du côté d'Aba Shanti I, on s'affaire à réparer les câbles avant la session.

Du côté d’Aba Shanti-I, on s’affaire à réparer les câbles avant la session.

 

 

La session commence dès le début d’après-midi.

 

Il ne fallait pas arriver en retard pour ne pas louper Channel One, programmé de 17h à 20h!

Il ne fallait pas arriver en retard pour ne pas louper Channel One, programmé de 17h à 20h!

 

Monsieur Mikey Dread qui a commencé le sound system à Londres, en 1979!

Monsieur Mikey Dread qui a démarré son sound system à Londres, en 1979! Rien à ajouter si ce n’est : respect.

 

Ras Kayleb, MC attitré de Channel One!

 

Venu de Montpellier, Jah Militant sonorise le l'Outernational Arena!

Venu de Montpellier, Jah Militant sonorise le l’Outernational Arena!

 

L'homme joue de productions maison issues de son label, Jah Militant Records.

L’homme joue pas mal de productions maison issues de son label, Jah Militant Records.

 

Sous la casquette de Mellow Vibes, l'infatigable Murray Man straight from Birmingham UK!  Chanteur, producteur, dub-maker, l'artiste sait tout faire ou presque...

Patron du label Mellow Vibes, l’infatigable Murray Man  est venu straight from Birmingham ! Chanteur, producteur, dub-maker, l’artiste sait tout faire ou presque…

 

Egalement venu de Montpellier avec sa sono, Roots Arna de Salomon Heritage!

Egalement venu de Montpellier avec sa sono, Roots Arna de Salomon Heritage!

 

Au micro pour Salomon Heritage, le talentueux Ras Tweed! Boom!

Au micro pour Salomon Heritage, le talentueux Ras Tweed! Boom!

 

Le sound system barcelonais Leones Humildes jouait aussi dans l'Outernational Arena.

Le sound system barcelonais Leones Humildes jouait aussi dans l’Outernational Arena.

 

Invités à poser leur sono dans la prestigieuse Sound Meeting Arena, les Rennais de Legal Shot sound sytem étaient épaulés d'Echo Minott!

Invités à poser leur sono dans la prestigieuse Sound Meeting Arena, les Rennais de Legal Shot sound sytem étaient épaulés d’Echo Minott pour un résultat explosif!

 

Toujours dans la Sound Meeting Arena, Aba Shanti-I a prouvé qu'il restait sans doute le number one sound!

Toujours dans la Sound Meeting Arena, Aba Shanti-I a prouvé qu’il restait sans doute le number one sound du festival!

 

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Concentré sur ses machines!

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Aba avec un disque de son label, Falasha Recordings.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aba Shanti-I et son frère, Blood Shanti!

Aba Shanti-I et son frère, Blood Shanti!

 

Le fils d'Aba, Ashanti Selah, 19 ans et déjà producteur de big tunes! Une affaire de famille...

Le fils d’Aba, Ashanti Selah, 19 ans et déjà producteur de big tunes! Une affaire de famille…

 

Les impressionnantes machines d'Aba Shanti-I!

Les impressionnantes machines d’Aba Shanti-I!

 

Dans la Dub Club Arena, Solo Banton et Digistep (au saxophone), mettent le feu!

Dans la Dub Club Arena, Solo Banton et Digistep (au saxophone), mettent le feu!

 

Le rough deejay Solo Banton, bouillant, comme d'habitude!

Le rough deejay Solo Banton, bouillant, comme d’habitude!

DJ Styda at the control pour Dubkasm!

DJ Stryda at the control pour Dubkasm!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l'Outernational Arena, le fils à la sélection...

Dans l’Outernational Arena, le fils à la sélection…

 

... et le père à l'animation pour Masaai X

… et le père à l’animation pour Masaai Warrior sound system!

 

Au programme, du warrior stepper from Bristol jusqu’à 3h du matin!

 

Formé en 2010, Masaai Warrior est le sound qui monte en Angleterre!

Formé seulement en 2010, Masaai Warrior est le sound qui monte en Angleterre!

 

Le MC de Maasai n’hésite pas à solliciter le public…

 

... et donne rendez-vous l'an prochain pour une seconde édition aussi riche!

… et vous donne rendez-vous l’an prochain pour une seconde édition du Dub Camp Festival aussi riche!

 

Regardez un extait de la session de Channel One ici :

Regardez un extrait de la session de Maasai Warrior ici :

Regardez un extrait de la session d’Aba Shanti-I ici :