Festipop #11 : Du lourd et des étincelles en live comme en sound sytem!

La 11ème édition de Festipop a pris place les 5 et 6 septembre dans les arènes de Frontignan  (34), à deux pas de la plage. Entre groupes live, scène sound system sonorisée par Shamani et animations de street art, ce festival social et solidaire a ravi aussi bien les amateurs de reggae/dub que de hip hop et d’électro. Retour sur les performances des artistes reggae et dub qui se sont produits lors du festival.

 

Grand écart sur la slack line pendant le show de Capital Letters.

Grand écart sur la slack line pendant le concert des Anglais de Capital Letters.

Vendredi 5 septembre : 

Le premier soir, les arènes de Frontignan ont accueilli le groupe UK légendaire Capital Letters, qui a fait un saut au festival pendant sa tournée européenne pour présenter son nouvel opus Reality. A leur arrivée sur scène, la foule n’est pas dense mais tous les festivaliers sont dans la fosse. Bien que le groupe se soit reformé récemment, on perçoit leur complicité artistique de longue date. La scène basse nous donne une certaine proximité avec le groupe, très à l’aise avec cette configuration. Il alterne nouveaux titres et classiques, en profitant même pour nous donner un cours de patois jamaïcain, pour finir sur le mythique « Smoking my ganja », repris par une foule transcendée aussi bien par les instrumentaux que par les voix des chanteurs : du bon roots comme on l’aime!

On en profite pour admirer les animations de street art : bolas et cerceaux sont maniés avec précision, pendant que d’agiles acrobates traversent une slack line tendue au-dessus de nos têtes!

On se faufile ensuite vers le corner dub, où retentissent les huit scoops de Shamani sound system. Choo.Ba.K a déjà bien chauffé la danse quand arrive Manasseh, accompagné d’Earl 16 au chant. Ils animent la danse de façon dynamique et on reste scotchés devant cette belle collaboration artistique. Il faut dire que la sono à quatre voix de Shamani envoie un son propre et bien dosé, tout en nous enveloppant d’une basse puissante. Les massives sont déjà les genoux levés jusqu’au menton. Un drapeau vert, jaune, rouge flotte dans la danse tandis qu’Earl 16 entonne une belle reprise de “Get up, stand up”.

Absorbés par le dub corner, on fait l’impasse sur DJ Vadim, dont on perçoit quelques notes de hip hop depuis le bar, jouées devant un public réceptif. La répartition entre la scène live et le dub corner est d’ailleurs plutôt équitable, preuve que les organisateurs ont eu raison de miser sur une affiche éclectique.

C’est ensuite au tour de Young Warrior, le fils de Jah Shaka d’investir la tower, toujours sur la sono à 4 voix de Shamani. Il perpétue la tradition familiale en entamant sa session avec un son de Bob Marley. Il enchaîne les sélections jusqu’à la fin de la soirée, principalement constituée de dubplates inna Shaka style jouées sur CD. Son toast au micro anime la danse, ponctuée cependant d’un grand nombre de pull-up qui nous cassent un peu les jambes.

Du côté de la scène live, se produisent Brain Damage et Vibronics, accompagnés de Parvez et Madu Messenger au micro. Les deux sound men nous offrent un live sonore et visuel de leur album Empire Soldiers, sorti l’année dernière. Une fois de plus, la magie opère, de telle sorte qu’on a l’impression d’entendre des titres comme « Do you remember » ou « Youts to war » pour la première fois!

Barrington Levy demande au Dub Corner de jouer en sourdine! 

 Samedi 6 septembre : 

Le deuxième soir accueille la tête d’affiche du festival, la star jamaïcaine du rub-à-dub, alias Barrington Levy. Avant de monter sur scène, ce dernier demande que le dub corner joue en sourdine pendant son concert. A contre-cœur, Choo.Ba.K est donc contraint de couper le son, ce qui agace une partie des festivaliers qui se lancent dans une polémique sur la performance du chanteur. Car même si on ne peut que saluer le talent du band, la prestation de Barrington Levy est assez simple et épurée. La grande majorité des massives se déplace tout de même devant la scène, pendant que quelques irréductibles restent devant les stacks muets à titiller Choo.Ba.K pour qu’il relance le son.

Barrington Levy, légende ou diva?

Barrington Levy, légende ou diva? Le vocaliste jamaïcain a en tout cas gratifié le public d’une prestation plutôt molle…

 

C’est finalement chose faite au bout d’une petite demi-heure! Et quoi de mieux que le titre «Star Dub» de Bush Chemist pour casser ce « jeûne » musical?  Accompagné de son ami Alex Dub (du site Culture Dub, qui entame actuellement une tournée avec Sista Bethsabée), il nous prévient que ce soir, il va jouer du « dub énervé ». Les deux selectas prennent le contrôle de la soirée avec une sélection de dubplates inédites, au rythme de pull-up très réguliers (jusqu’à cinq par chanson !).  La foule est en délire complet et Choob finit sur un morceau de Mahom, avant de passer la main à Full Dub et Ondubground (composé entre-autres d’Art X, qui avait assuré un set dub live sur scène en début de soirée).

Les deux groupes alternent en dub-fi-dub pendant deux heures. Le son dub digital de Full dub assure la continuité avec le dub « fâché » de Shamani, maintenant la danse dans un rythme endiablé.

ODG, quant à eux, se lancent dans un live act impressionnant : avec Art X au mélodica, Natty bass à la basse et Olo au mix, ce genre de prestation est assez rare pour être remarquée et appréciée. On notera une belle version au mélodica du fameux « Business of war », pour ne citer que celle-là. Du côté de Full Dub, on alterne productions maison et classiques, tels que « United we stand » d’OBF feat. Kenny Knots. Du lourd également!

Shamani reprend ensuite le contrôle avec une sélection un peu plus calme qu’en début de soirée (en même temps, on voit mal comment on aurait pu danser encore plus énergiquement). Son set est ponctué par les passages au micro de Ranking Saïden et de Haydee Laydee.

Ainsi se termine cette édition de Festipop, qui nous a offert un savant mélange entre prestations live et sound system, pour (presque) tous les goûts! Un festival toujours aussi convivial dont les bénéfices vont être reversés au Secours Populaire, pour la création de puits d’eau potable dans les villages de Timkit et Tidoua au Maroc. Respect!

Reportage : Emiliye (textes) et Alex See (photos). 

Le groupe anglais Capital Letters a conquis le public grâce à son roots brut et authentique!

Le groupe anglais Capital Letters a conquis le public grâce à son roots brut et authentique!

 

Presque un an après son lancement, l'association franco-anglaise, Brain Damage meets Vibronics, continue de faire de belles étincelles musicales.

Presque un an après son lancement, la collaboration franco-anglaise, Brain Damage meets Vibronics, continue de faire de belles étincelles musicales.

 

Choo.Ba.K anime le set de Manasseh avant l'arrivée d'Earl 16!

Choo.Ba.K (à droite) anime le set de Manasseh (à gauche) avant l’arrivée d’Earl 16!

 

Earl 16 au micro pour un flow assuré, aussi mélodieux que tranchant!

Earl 16 au micro pour un flow assuré, aussi mélodieux que tranchant!

 

Haydee Laydee au micro et le jeune Full Dub (en fond), à la console.

Le Dub Corner était sonorisé par les scoops de Shamani sound system.