Chronique EP : « Bollyworld » de Jungle Weed

C’est avec Bollyworld, EP de quatre titres sorti sur ODGprod début mars, que le jeune Jungle Weed débarque sur la planète dub! Cette première release intrigue ne serait-ce que par son nom… Les influences indiennes sont évidentes, sans jouer à la surenchère d’exotisme comme c’est souvent le cas en ethno/dub! Chronique et interview de ce nouveau dub maker inspiré par le sous-continent indien.

L'EP Bollyworld est sorti en free download sur ODGprod.

L’EP Bollyworld est sorti en free download sur ODGprod.

De prime abord, la qualité sonore des tracks nous surprend : Le dubmaker nous propose des titres léchés, avec des basses très précises et un mastering sans fausse note. La première tune « Nina », voit les samples s’entremêler avec douceur (sans effet de simple enchaînement), du son du sitar au saxophone, sans parler du chant, extrait de la chanson « Feeling good » de Nina Simone.

Les deux tracks suivantes prolongent le voyage entre Asie et Europe… Réalisé à la fois en Inde et à Toulouse, dans son home studio, l’EP reflète réellement le voyage effectué et les multiples influences de l’artiste. Dernière surprise avec « Space Explorer », à la fois digital, spirituel et dansant ! Les pistes se suivent sans se ressembler, mais gardent à la fois leur qualité et leur précision.

Jungle Weed nous offre un quatre titres très personnel et maîtrisé en guise de première release. A n’en pas douter, il s’agit d’une grosse (et très agréable) surprise, dont on est impatient d’entendre la suite ! Si vous en avez d’en découvrir plus, sept autres pistes sont d’ailleurs disponibles sur soundcloud (ici), dont la particulièrement réussie « Mandir ».

 

Musical Echoes : Tout d’abord peux-tu te présenter Jungle Weed? 

Jules : Je m’appelle Jules, 23 ans. Je suis solo sur le projet, pour le moment mais j’aimerais que des artistes me rejoignent pour des lives (VJ, MC…). J’ai commencé la musique très tôt, et d’année en année, j’ai appris de nouveaux instruments. J’ai toujours eu la chance de voyager autour du monde et de découvrir des cultures différentes. J’ai commencé le dub il y a quatre ans, après être passé par le rock, le jazz ou encore la deep house. Le reggae m’a toujours passionné, mais c’est grâce à un mec qui est devenu mon MC et mon meilleur ami, connu lors de ma première année de technicien du son, que j’ai plongé dans le dub.

Jungle Weed (à droite) lors de son voyage en Inde l'an dernier.

Jungle Weed (à droite) lors de son voyage en Inde l’an dernier.

M.E. : Du coup comment composes-tu ? Par MAO j’imagine, mais tu crées toi-même tes samples ? 

J. : Je crée certains de mes samples oui. Quand je voyage, j’enregistre des bruits, des sons, des musiciens rencontrés… Un peu tout m’inspire ! Quand je voyage, je pars avec sac à dos, ordinateur, mon enregistreur et une carte son bien sûr ! Je compose sur deux logiciels, avec un clavier maître.

M.E. : Une belle rencontre donc ! Vous avez des dates de prévues bientôt ? Tu joues quoi et comment en live ?

J. : Non pas de date pour le moment… J’attends de sortir plus de sons. En live sinon, je m’occupe de l’envoi des sons et du mix en général sur console analogique à l’ancienne ! Mon pote MC gère la siren et les effets plus généralement. Je pense que dans six mois, je vais commencer à chercher des dates, le temps de ressortir un autre EP et deux ou trois featurings (avec Art-X et le chanteur El Fata si tout se passe bien)

« En Inde, les fans de trance étaient ravis d’écouter du dub »

M.E. : On a hâte d’entendre ça ! Parlons de ton dernier EP…

J. : J’ai commencé une partie des riddims à Toulouse, six mois avant mon départ. Puis j’ai continué en Inde (où il est parti en voyage de juillet à décembre 2014 NDLR) parce qu’on évolue avec ce qu’on voit ou entend… Je finissais certains morceaux là-bas, d’autres sur la route. La dernière chanson, « Space explorer », a été composée à Toulouse avec des samples gardés sur mon enregistreur. Après, j’ai contacté ODG, ils m’ont répondu… et sorti mon EP!

M.E. : Pourquoi mêler des sons très occidentaux (style saxophone…) à des sons indiens ?

J. : Parce que ça sonne bien non? En fait j’entends quelque chose qui m’inspire et derrière, toute la chanson se fait dans ma tête. Ça se fait à mesure des rencontres et je pense que c’est la meilleure chose pour évoluer. En Inde, les gens sont très réceptifs au dub et au reggae roots. J’ai rencontré là-bas pas mal de fans de trance, donc de grosses basses et en leur faisant écouter du dub, ils étaient ravis !

Chronique et interview réalisées par Alex W.A.I. 

Ecoutez et télécharger l’EP de Jungle Weed ici : http://odgprod.com/2015/03/jungleweed-bollyworld/