Genève a tremblé et « skanké » tout le week-end pour la première édition du Dubquake festival!

Après un paquet de sessions Dubquake et Top Ranking Geneva ces dernières années, le crew OBF lançait le week-end dernier la première édition du Dubquake festival à l’Usine de Genève. Au menu, un line-up dub alléchant réparti sur deux salles et étalé sur deux nuits. « Musical Echoes » ne pouvait pas louper l’événement et vous raconte le menu en détails! Rien que du lourd, mais pas d’indigestion!

Le public bien chaud devant Iration Steppas, en configuration live, samedi 18 avril.

Le public bien chaud devant Iration Steppas, en configuration live, samedi 18 avril.

Pour tous ceux qui ne connaissaient pas encore les lieux, une petite présentation de l’Usine s’impose : à cinq minutes du siège de Rolex et autres grandes entreprises du luxe, un grand bâtiment accueille le public avec une banderole militante contre les expulsions d’immigrés. C’est un grand squat autogéré! Le décor est planté, bienvenue dans la Genève underground et résistante!
Une fois monté à l’étage, deux salles se font face : la Makhno : bar, shop et petite salle d’une centaine de personnes (sonorisée par Ubik sound system pour le festival) et le Zoo, bien plus vaste.

IMG_0608La décoration du Zoo, qui accueille deux stacks de quatre scoops d’OBF est originale : un arbre géant lumineux sur la grande scène, prolongé par des treillages recouvrant tout le plafond (voir ici). Une ambiance roots dans un lieu autogéré, avec l’artwork géant de l’album Wild pour seule déco supplémentaire!

Jour 1 : vendredi 17 avril.

22h, début des hostilités à la Makhno avec Lone Robin qui joue sur le mur unique mais bien puissant d’Ubik sound sytem. Ambiance familiale à la Makhno : la control tower tourne le dos à la sono, et il n’y a pas de barrière entre le public, les selectas et les MC ! Le warm-up assure : du roots conscious pour se mettre en jambe.

23h, comme indiqué sur le line-up de la soirée, OBF commence à jouer en dub fi dub avec le dub-maker I-Tist : un concours de roots lourd et dansant, qui tourne vite à un concours de grosses basses : bientôt OBF joue un track de Channel One, puis Shanti D se chauffe sur le dub, et le dub fi dub continue avec une tune bien electro/dub! Les tracks s’enchaînent avec cohérence, pour une hausse progressive du volume et un virage vers le stepper digital le plus tranchant.

Mad Codiouf, ancien boxman du crew, prend le contrôle et assure lui aussi, notamment avec un remix de « Kaly weed » d’OBF (feat. Danman) et même une terrible version de Yabbi You !

Tous les selectas de la soirée terminent en dub fi dub !

Jah Ragga, venu de Londres et le MC espagol Sr Wilson!

Jah Ragga, venu de Londres et le MC espagnol Sr Wilson!

A partir de minuit, la sono d’OBF vrombit de plus en plus, à tel point qu’on a l’impression qu’elle a été taillée spécialement pour le Zoo! Face à cet échauffement dans les règles, la Makhno n’a rien à envier, puisque le sound local Ubik prend le contrôle et joue un son roots, chill et dansant à la fois : les tracks s’enchaînent et le selecta semble affectionner particulièrement King Shiloh. Ubik Sound System clôt avec une track de Tappa Zukie et passe la main à Iron Dubz, qui balance pas mal de morceaux de son prochain album, accompagné bien entendu de Sis I-leen et sa voix toujours assurée. Iron Dubz joue fort et maîtrise bien la control tower et ses pistes. On ressort du show impatient d’écouter ses prochaines releases.

L’Espagnol Green Light reprend derrière et joue quelques autoproductions dont il a le secret. Déjà deux heures du matin, et Stand High Patrol commence à jouer au Zoo : Pupajim, Rootystep, Mac Gyver et Merry à la trompette, mettent le feu en un rien de temps.  Les Bretons maîtrisent bien la sono de leurs potes d’OBF et nous gratifient de dubplates alléchantes. Une nouvelle fois, on attend les prochaines tracks du crew, qui réussit encore à innover dans un digital accessible et dansant.
Deux ambiances, mais un esprit cohérent sans être uniforme. Le public discute, chante et danse, pour une atmosphère au top.

Stand High Patrol at di control vendredi soir!

Stand High Patrol at di control vendredi soir! Pupajim au micro !

La soirée se termine largement après cinq heures du matin, dans une joyeuse ambiance avec le  « dubquake all stars ». Le principe est simple : tous les selectas de la soirée, du Zoo comme de la Makhno, partent dans un dub fi dub fi dub… Bref, que des grosses tunes pour ne pas dormir et un bordel sans nom!

Jour 2 : samedi 18 avril

Line-up du soir bonsoir!

Line-up du soir bonsoir!

Un petit tour au workshop qui commence dès la fin d’après-midi s’impose pour commencer! Concrètement, Rico, Ubik et d’autres donnent des leçons de live machine, de mix, discutent avec une quarantaine de personnes venue découvrir le sound system au plus près. Pour finir les deux dernières minutes (qui ont en fait duré une grosse demi-heure), Rico et I-Tist se lancent dans une composition live, qui devait partir dans un style caribéen pour finir sur du dub plus brutal que prévu… Un bon moment d’amusement dont on ressort décontenancé tant la compo semble facile dans les mains de ces dub makers !

Ouverture officielle du dubquake à 22h, où les Italiens de Makinda jouent un roots dansant et positif après Ubik. La première partie est déjà très lourde et les tracks bien conscious. Toujours dans le même esprit, la Makhno est vraiment une salle à part : sans barrière et toute recouverte de béton.

Dès 22h30, OBF commence à envoyer des sons brutaux de l’autre côté, à tel point que l’on ressent les vibrations du Zoo dans les moments creux à la Makhno ! « Babylon is a trap », de Dub Juda, rend à merveille sur la sono d’OBF. Cette tune là particulièrement, donne l’ambiance, met en jambe et promet une nouvelle belle et longue nuit de dub music !

Green Light reprend la sono et joue très sérieusement des dubs électros lourds et puissants, en commençant par une version presque industrielle de « Legalize it » de Peter Tosh, les basses sont ultra massives et le heavyweight stepper sera le mot d’ordre de son set ! Malgré une sélection vraiment audacieuse et puissante, on regrette des cuts de tracks un peu brutaux et presque systématiques. Reste que sa version de « Too Young » achève déjà le public dès minuit et demi, après un set prometteur!

Venu d'Espagne, Green Light ne pas fait vraiment dans la dentelle!

Venu d’Espagne, Green Light ne pas fait vraiment dans la dentelle pour sa sélection! Ruff !

King Simeon, à la Makhno joue pour sa part un dub heavyweight très minimaliste (un peu dans le style Aba Shanti à l’ancienne), dans une salle comble et enchantée!

A une heure du matin, OBF reprend le contrôle et nous prévient : « On a très peu de temps, alors on va commencer à jouer directement ! ». Une demi-heure avant la prise de pouvoir d’Iration Steppas : OBF a intérêt d’assurer. Rico n’a pas menti, puisqu’il commence à jouer « Dub Controler » avec Charlie P, qui assure les passages chantés au micro. Son flow, particulièrement bien posé est identifiable entre mille. OBF continue d’enchainer les dubs bien brutaux, et les MC se relaient sur les versions : Charlie P, Shanti D et l’Espagnol Sr Wilson se passent le micro avec complicité pour une session courte mais intense !

1h30, Rico annonce l’arrivée d’Iration Steppas et Mark Iration n’est pas venu pour rigoler. Accompagné de son légendaire bassiste, Dennis Rootical et de Tena Stelin, MC récurrent du « Vangard of Dub ».  Séquence émotion garantie, en voyant cette formation mythique jouer avec autant de complicité ! Tena Stelin, avec sa voix unique, assure le show. Et comme d’habitude, Mark Iration, déborde d’énergie et saute de gauche à droite constamment !

Iration Steppas en formation live avec D. Rootical à la basse et Tena Stelin au chant! La crème du stepper from Leeds.

Iration Steppas en formation live avec Dennis Rootical à la basse et Tena Stelin au chant! La crème du stepper from Leeds.

Dès la première track, ce dernier « terrorise » le public avec un stepper post-apocalyptique, et appuie les basses de Dennis à grands coups de kicks. Et le groupe arrive encore et toujours à surprendre avec son dub « inna year 3000 style ». Mark s’amuse littéralement à jouer des morceaux de style très différents, comme ceux arrivant une demi-heure après le début du show, remplis de sons de guitare saturée déstructurés, ou encore sa version très personnelle de « Genetic Weapon » (de Brain Damage à l’origine), chantée parfaitement par Tena Stelin, à base de skanks électriques industriels et de sons futuristes (écoutez ici!).
2h30, Mark Iration joue plus fort que Rico sur sa sono, ce qui ne manquera pas de « chauffer » le selecta d’OBF pour la suite !

Hommage appuyé de Mark Iration à son bassiste, Dennis Rootical!

La last track fait des ravages : un stepper binaire, avec des sons de caisse claire sur chaque temps. Charlie P monte sur scène, prend le micro à Tena Stelin, toaste, le passe à Shanti D puis à Sr Wilson. De l’aveu de Rico, « c’est ça la family ! Il n’y a qu’au Zoo qu’on peut voir ça ! ».

Dennis Rootical et Mark Iration. Un duo au top!

Dennis Rootical et Mark Iration. Un duo au top!

A la fin du set, Mark Iration présente plus précisément Dennis Rootical, en insistant sur le fait qu’Iration Steppas n’existerait pas sans lui, et indique que la majorité des morceaux joués ce soir proviennent de son LP Iration Steppas meets Tena Stelin in the dub arena (le dernier album studio du crew).

OBF prend directement le relais à la fin du live et commence par jouer du stepper heavyweight, et remonte même encore un peu le volume. La salle est comble, l’ambiance électrique, et il fait une chaleur terrible dans cet endroit bas de plafond. Les morceaux proposés sont cent pour cent de la veine OBF, du dub qui fait mal! Chaque track jouée est suivie de trois versions, pour laisser la parole aux trois MC présents et Charlie P finit même par chanter un texte qu’il vient d’écrire sur son téléphone !

La dernière sélection met le feu, et annonce le second « dubquake all stars » du festival où « toute la famille est là » : Akash qui envoie une merveille de track avec I-Leen. Merry, le trompettiste de Stand High, qui s’invite pour rajouter un esprit jazzy aux morceaux. Mark Iration qui danse tout le long comme un fou… Green Light joue, puis OBF reprend avec « Crisis », (une méchante dubplate du crew avec Pupajim). La trompette revient et Shanti D qui pose à son tour sur la version : c’est le fyah total au Zoo !

Le dub fi dub se poursuit jusqu’à pas d’heure : tous les artistes sont présents et l’ambiance est, encore une fois, au top! La salle vibre jusqu’à plus de cinq heures du matin !

Globalement, le premier Dubquake festival est une grosse réussite. Un meeting « familial » (pas au sens où l’on amène les enfants hein!), mais exigeant et pointu musicalement. Tous les artistes présents ont ainsi fait honneur à l’invitation d’OBF, en proposant  le meilleur de leur son au public et une belle avalanche de dublates ! Seul petit bémol : la puissance de la sono dans cette configuration en intérieur est telle qu’elle peut effrayer certains néophytes. Pour les skankers avertis, en revanche, c’est le top du top! Incontestablement.

Reportage : Musical Echoes. Textes : Alex W.A.I. (avec l’aide d’E.«B»). Photos : O.B.F crew (dans le texte) dont Fabio Manozzi (photo de « Une » et photos ci-dessous).

 

Ubik sound system, sound genevois, sonorisait la Makhno.

Ubik sound system, sound genevois, sonorisait la Makhno.

 

Le quator de Stand High Patrol a mis le feu au Zoo le vendredi soir!

Le quator de Stand High Patrol a mis le feu au Zoo le vendredi soir!

 

Shanti D au micro, fidèle MC d'OBF!

Shanti D au micro, fidèle MC d’OBF!

 

Dubfever d'Ubik at the contol !

Jah Ragga venu de Londres, a donné une leçon de sélections au public!

 

Pupajim au micro pour Stand High!

Pupajim au micro pour Stand High!

 

Une super idée : le workshop de samedi après-midi, pour s'initier à la composition des morceaux de dub. Avec notamment, I-Tist et l'Ubik crew...

Une super idée : le workshop de samedi après-midi, pour s’initier à la composition des morceaux de dub. Avec notamment, I-Tist et l’Ubik crew

 

Tena Stelin au micro, a assuré samedi avec Iration Steppas.

Tena Stelin au micro, a assuré samedi avec Iration Steppas.

 

La basse, ô combien importante, de Dennis Rootical pour Iration Steppas en live!

La basse, ô combien importante, de Dennis Rootical pour Iration Steppas en live!

 

Mark Iration, toujours aussi énergique... Warrior style !

Mark Iration, toujours aussi énergique… Warrior style !

 

King Simeon sound a envoyé du lourd à la Makhno!

King Simeon sound a envoyé du lourd à la Makhno!

 

OBF jouait à domicile et OBF a mis le feu. Un classique!

OBF jouait à domicile et OBF a mis le feu. Un classique!

 

Akabash et Merry à la trompette pour la folie du "Duquake all stars", en fin de nuit!

Akasha et Merry à la trompette pour la folie du « Duquake all stars », en fin de nuit!

 

Les Italiens de Makinda Hi-Fi avaient fait le court déplacement depuis Turin.

Les Italiens de Makinda Hi-Fi avaient fait le court déplacement depuis Turin.

Regardez un extrait du live d’Iration Steppas feat. Charlie P (« What’s wrong? ») ici :

 

Regardez un extrait de la session d’OBF (remix de « Every knee shall bow » de Johnny Clarke) ici :