Paris Dub Station #49 : Blackboard Jungle et King Earthquake mettent le Trabendo K.O debout!

Blackboard Jungle, sa sono et King Earthquake. L’affiche certes lourde pouvait paraître classique pour tout assidu aux sessions sound system. C’était sans compter l’énergie contagieuse des MC’s au micro et l’intensité des sélections. Au final, une grande partie des massives a une nouvelle fois skanké jusqu’à 6 heures du matin. Retour sur une nuit de dub puissante et mémorable. Une de plus.

Le Trabendo bien rempli et bien dansant une fois de plus.

Le Trabendo bien rempli dansant entre les scoops de Blackboard Jungle.

Après la dernière édition sonorisée par King Shiloh, le sound presque « résident » des Dub Station parisiennes, Blackboard Jungle, revenait poser ses enceintes dans le bouillant Trabendo. Trois stacks qui ceinturent la salle de dix scoops pour un rendu nickel chrome. Puissance des décibels et réglages au top permettent au son de se propager à peu près partout avec une belle intensité et sans douleur pour les tympans avertis.
Après deux petites heures de mise en jambe, la température monte soudain d’un cran quand Brother Culture, 50 ans tout juste, s’empare du micro et entonne « Revolution », titre produit par Kanka. C’est déjà le feu à 1h15! Pour l’entretenir, on peut faire confiance à Nico à la sélection qui envoie l’incendiaire « Rude boys a foreign » de ce diable d’Eek-A-Mouse (écoutez ici). Un hit aussi puissant en sound system que quasi introuvable!

Le légendaire King Kong, pas prévu sur le line-up, a renforcé l'équipe des chanteurs avec son timbre de voix inimitable! Une belle surprise, même si l'homme, fatigué, a quitté les lieux, en milieu de nuit.

Le légendaire King Kong, pas prévu sur le line-up, a renforcé l’équipe des chanteurs avec son timbre de voix inimitable! Une belle surprise, même si l’homme, a quitté les lieux, en milieu de nuit.

Particulièrement en verve, Brother Culture se lâche sur les versions et gratifie la foule de ses célèbres gimmicks et roulement de « R ». MC Oliva prend souvent le relais de même qu’un drôle de bonhomme légèrement en retrait. Gros manteau de cuir et caché sous son chapeau, c’est bien le légendaire vocaliste jamaïcain King-Kong qui est là, discret, mais assuré lorsqu’il prend le micro! Le Francilien Jah Tool est également dans le coin et s’empare parfois du mic.

2h15, le bordel est désormais total quand Brother Culture entonne « Sound Killer » (écoutez ici), production Roots Garden. Sur le riddim, MC Oliva et King Kong enchaînent avant que l’Anglais ne parte en improvisation complète, amenant son flow à un rythme démentiel. « It’s looks like music, but it’s more than music, it’s a lifestyle», précise Brother Culture, sans doute à l’endroit de la plus jeune composante du public qui n’a pas encore la culture roots du sound system.

Cela tombe bien, en maître es reggae music, King Eartquake, qui prend le relais à 3 heures du matin, se pose là. « Slavery Days » de Burning Spear, boum! « Jah Golden Throne » de Peter Broggs, boum again… Car c’est bien cette racine intarissable de roots qui a permis la production des titres beaucoup plus énergiques et récents sur lesquels se déchaînent les skankers comme un stepper apocalyptique de Blackboard Jungle ou une version tout aussi folle de Chazbo au mélodica…

« Europe is the future of roots!»

King Earthquake, qui est pourtant l’un des producteurs de warrior style le plus « énervé », ne cesse ainsi d’alterner le roots le plus originel au stepper le plus tranchant. Comme cette version du « Power Pack », un de ses classiques les plus warrior, enchaînée après une version du hit roots « Jah works » des Gladiators. Se plaignant de perdre la voix, Errol « Arawak », ne perd son sens de la sélection et associe jusqu’au bout d’éternels anthems reggae (Gregory Isaacs, Michael Prophet, Linval Thomphson ou Prince Allah) à des missiles dub contemporains, autoproduits ou non (Iration Steppas, Conscious Sound et encore l’inégalé « We believe in one god » de Lord Hissayas produit par BBJ, écoutez ici). Quelques titres de son dernier album The Wrath of Jah à paraître le 25 avril sont également joués!

King Earthquake et Oliva au contrôle!

King Earthquake et Oliva au contrôle!

Au cours de la dernière heure, Blackboard revient dans la partie, avant de laisser Earthquake conclure par un raw dub dont il a le secret (écoutez ici à partir de 2″26). Les basses vrombissent au maximum et la salle semble trembler sous les coups de ce dernier riddim venu d’une autre planète. La foule compacte, mouvante et unie fait corps autour de son selecta et crie son bonheur et son envie de prolonger cet instant hors du temps. Peine perdue, à 6h précises, la sécurité (un peu à cran pour certains de ses membres) met tout le monde dehors en deux trois mouvements.

Quelques minutes auparavant, résonnaient encore les congratulations de King Earthquake, suite à l’ambiance furieuse de la session : « Europe (par opposition au Royaume-Uni) is the future of roots!». Et ce souhait, qu’on espère promesse : « I hope to be here in Trabendo with my own system one day » (le soundman a récemment perdu son studio et son sound system dans un incendie). En attendant, sur la sono de Blackboard, c’était pas mal du tout! Impeccable en fait. Qui en aurait douté?

Reportage : Musical Echoes.
(Photos : Tom « Tsoham »/Textes : Emmanuel « Blender »).

Nico (Blackboard Jungle), concentré à la sélection. Une image désormais classique des Dub Station!

Nico (Blackboard Jungle), concentré à la sélection. Une image désormais classique des Dub Station!

 

Le MC anglais Brother Culture, qui fêtait ses 50 ans, était particulièrement énergique! Ici, avec MC Oliva de Blackboard Jungle.

Le MC anglais Brother Culture, qui fêtait ses 50 ans, était particulièrement énergique! Ici, avec MC Oliva de Blackboard Jungle.

 

Blackboard feat. Brother Culture, ça fonctionne et c'est déjà le feu!

Blackboard feat. Brother Culture, ça fonctionne et c’est déjà le feu!

 

A 3 heures du matin, Errol "Arawak" King Earthquake" prend les commandes de la sélection. Nico intervient sur les réglages de son system jusqu'au terme de la session.

A 3 heures du matin, Errol « Arawak » King Earthquake prend les commandes de la sélection. Nico intervient néanmoins sur les réglages du system jusqu’au terme de la session.

 

Le vétéran de Birmingham sélecte sur des platines CD.

Le vétéran de Birmingham sélecte sur des platines CD.

 

L'homme présente chacune de ses sélections avec conviction!

L’homme présente chacune de ses sélections avec conviction!

 

 

King Earthquake, maître du stepper, a aussi joué beaucoup de classiques roots. Pour lui, les deux genres n'en font qu'un.

King Earthquake, maître du stepper, a aussi joué beaucoup de classiques roots. Pour lui, les deux genres n’en font qu’un.

 

Les massives sont réceptifs jusqu'au bout aux vibrations d'Earthquake. Il faut dire que le sound system de BBJ tient parfaitement le choc!

Les massives sont réceptifs jusqu’au bout aux vibrations d’Earthquake. Il faut dire que le sound system de Blackboard Jungle tient parfaitement le choc!

 

5h50, les lumières se rallument et la session touche à son terme. Errol "Arawak" ne manque pas de remercier le public, resté jusqu'au bout de la nuit dans sa grande majorité.

5h555, les lumières se rallument et la session touche à son terme. Errol « Arawak » ne manque pas de remercier le public, resté jusqu’au bout de la nuit dans sa grande majorité! Avant d’offrir un dernier dub bien fat !

Regardez un extrait de la session de Blackboard Jungle ici :


Ecoutez un extrait du début de la session de King Earthquake ici :