Perrine Goyau (Objectif Sound) : « Voir Jah Shaka à domicile, ça fait mal! »

Les ouvrages sur la culture sound system sont rares, pour ne pas dire quasi inexistants en France. Alors quand une publication sur le sujet, Objectif Sound, voit le jour, « Musical Echoes » s’en fait naturellement l’écho avec l’interview de Perrine Goyau, photographe de tous les clichés que comporte ce livre. Une œuvre artistique de nombreuses photos, mais aussi documentaire puisque des témoignages de musiciens et de producteurs y sont recueillis et retranscrits et donnent vie à deux-cents pages passionnantes cent pour cent sound system culture !

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Le livre Objectif Sound est sorti aux éditions Afromundi.

Musical Echoes : Bonjour Perrine, comment et quand as-tu découvert le sound system?

Perrine Goyau : J’ai rencontré Bokson du sound Jah Garden lors d’un concert rock en Vendée… On s’est dit tous les deux que ça manquait un peu de basses dans le coin et du coup, il m’a proposé de faire des photos sur des sounds dans la région. C’était en 2007/2008 et parallèlement je faisais des études de photos…

M.E. : Quand et pour quelles sessions ont été prises les photos publiées dans Objectif Sound?

P.G. : Ça regroupe différentes périodes et sessions, de 2006 à 2014. Beaucoup de photos ont été prises en 2008/2009 car cette année là, je suis partie vivre un an à Londres pour apprendre l’anglais. J’en ai profité pour faire pas mal de sound systems…

M.E. : Quels sont tes meilleurs souvenirs de cette époque là?

P.G. : Il y en a pas mal… Mais je me souviens bien d’une session de Jah Shaka au Silver Spoon de Wembley, c’était fou… Voir Jah Shaka à domicile, ça fait mal!

M.E. : Pourquoi as-tu concentré ton travail sur la scène anglaise alors qu’une scène sound system dub française est en train d’exploser depuis quelques années?

P.G. : C’est voulu car le livre aura une suite si tout se passe bien avec la scène française. Là, ce n’est que le premier tome!

Perrine Goyau.

Perrine Goyau a 26 ans.

M.E. : Pourquoi le choix du noir et blanc uniquement pour les photos?

P.G. : C’est un parti pris de la maison d’édition, mais le résultat est sympa au final.

M.E. : Etait-ce facile de recueillir la parole des artistes? Comment as-tu procédé pour ce faire?

P.G. : J’ai envoyé pas mal de mails, mais sinon, j’interviewais les artistes pendant des sessions en France ou en Angleterre. Par exemple, Aba Shanti-I, c’était à Nantes en marge d’un Dub Club ou Kibir la Amlak, c’était à la Scala de Londres. Mais la plupart des témoignages ont été recueillis directement chez les artistes en 2008/2009 et en 2012 quand je suis retourné en Angleterre un mois pour terminer ce travail. Cela s’est bien passé et certains artistes se sont montrés très sympas comme Channel One ou Steve Vibronics…

M.E. : Avec le livre, un disque de huit titres est vendu, pourquoi ce choix?

P.G. : Je ne voulais pas séparer l’écrit, la photo et le son! C’est un livre qui parle surtout de musique et je trouvais cela intéressant que les gens puissent écouter le travail d’artistes présenté dans le livre.

Du lourd sur le CD qui accompagne le livre avec notamment Vibronics, Zion Train ou Dubkasm...

Du lourd sur le CD qui accompagne le livre avec notamment Vibronics, Zion Train ou Dubkasm

Recueilli par Emmanuel « Blender ».

* Objectif Sound, 208 pages, est édité par Afromundi et tiré à 500 exemplaires. Il est disponible sur le site de la maison d’édition ici : http://www.afromundi.com/ ou chez Patate Records (Paris) entre autres. 29,90 € (textes en français et en anglais).

Page facebook ici : https://www.facebook.com/ObjectifSound?fref=ts