Chronique : « Late Night Endless » de Sherwood and Pinch

Incursion dans la bass music avec Late Night Endless, Adrian Sherwood et Rob Ellis aka Pinch. Sorti en février en Grande-Bretagne sur les labels respectifs des deux producteurs (On-U Sound et Tectonic), l’opus est arrivé dans les bacs français.
Le nom de l’album donnera d’emblée la couleur de l’expérience que vous allez vivre, se situant dans ce moment de flottement, cette brèche, entre la fin d’une journée et le début d’une nouvelle, aux airs d’infini…

L'album est sorti en double vinyle, CD et numérique.

L’album est sorti en double vinyle, CD et numérique.

Basés en grande partie sur une approche rythmique ponctuée d’effets (on connait Adrian Sherwood notamment pour sa maîtrise du delay et de la réverb), les morceaux de Late Night Endless donnent à écouter un style de musique à la fois sombre et rythmé. Un croisement des genres et des univers de deux artistes qui ont su les mélanger, les mixer et créer une nouvelle entité pour un album qui sort cette année, après avoir été initialement défini comme une expérience live uniquement. D’ailleurs défendue depuis près de deux ans sur les scènes mondiales…

Les morceaux s’y enchaînent de manière fluide, oscillants entre breakbeat, drum & bass et des teintes UK garage, sans oublier les styles d’origine de Sherwood et Pinch, respectivement le dub et le dubstep. On notera des samples vocaux tirés de sessions studio de Sherwood, avec notamment les voix de Lee Perry, Prince Far I, Daddy Freddy, Congo Natty et bien d’autres. La première partie de l’album est dans une dynamique qui met en avant un tempo élevé et des sonorités très percussives particulièrement entraînantes.

Le point de bascule se situe à partir de « Bucketman », peut-être trop en rupture avec le reste de l’album d’ailleurs, mais c’est pour laisser place aux pièces maîtresses de l’album. « Wild Birds » avec ses accents de film noir, « Stand Strong », seul morceau chanté, propose un rythme très rafraîchissant et une voix portée aux nues, appuyée par un son très aérien et méditatif. « Africa 138 » donnera un son d’outre-espace, avec des couleurs venant de divers horizons.
Certains morceaux verront toutefois le style privilégié de l’un ou l’autre des artistes prendre le dessus, dubstep pour  « Precinct of Sound » et « Different Eyes », dub pour « Run Them Away » en clôture.

Late Night Endless fait donc la part belle à l’expérimentation au défrichement de nouveaux territoires sonores (comme Adrian Sherwood le fait depuis les années 80 avec son mythique label On-U Sound), mais aussi à l’échange intergénérationnel, par les styles et les âges des deux protagonistes. Une nouvelle identité est née et promet de nouvelles choses à venir. Un disque qu’il faut écouter et qui ne laissera rien paraître de lassant au fil des écoutes.

Samuel Bagla.

Tracklisting :

1-Shadowrum
2-Music Killer Dub
3-Gimme Some More (Tight Like That)
4-Bucketman
5-Wild Birds
6-Stand Strong
7-Precinct Of Sound
8-Different Eyes
9-Africa 138
10-Run Them Away.

 Le top 3 tunes du chroniqueur :

1-Stand Strong
2-Wild Birds
3-Music Killer Dub.

Le top 3 tunes d’Emmanuel « Blender » :

1-Stand Strong
2-Africa 138
3-Run them Away.

Ecoutez le morceau « Africa 138» ici :

Bonus : Dubspot « Dub and bass master class » à New York :