Reggaebus #5 : 6500 skankers à Bruxelles pour un festival toujours underground !

Une partie de l’équipe de « Musical Echoes » s’est rendue début août à Bruxelles pour assister à la cinquième édition de l’un des premiers festivals européens cent pour cent sound system : le Reggaebus!  Au menu, une programmation pointue, des artistes ouverts et de belles rencontres… Récit.

Déjà la cinquième édition pour ce festival cent pour cent sound system!

Déjà la cinquième édition pour ce festival cent pour cent sound system!

Le week-end du 7 au 9 août n’a pas été seulement ensoleillé à Bruxelles, la ville a aussi vu rayonner la culture sound-system dans toute sa splendeur : du roots au stepper heavyweight, des dubs aux lyrics conscious, mais aussi aux basses les plus sombres.

Imo de Moa Anbessa durant la session du crew italien du samedi après-midi. Photo : Idren Leeroy.

Comme chaque année, le Reggaebus festival est l’occasion de retrouver les vétérans et de découvrir de nouveaux artistes ou de nouvelles performances.

Chez les vétérans, la sono de Blackboard Jungle a offert un magnifique terrain de jeu tant par la clarté du son que par la diversité des styles de dub délivrés. La sono a répondu présent avec des basses qui ont écrasé et fait vibrer le public de leur puissance mais sans les assommer.

Que ce soit pour le très attendu vinyle « Guide I and I » de RDH Hi-Fi ou la version heavyweight de « Rub a Dub Anthem » par Stand High Sound ou encore les hits digitaux comme « Traveller » et l’excellent « Mama Was Right » avec Marina P, enchaînés par Mungo’s HiFi avec Charlie P au micro. Chaque crew a exploité toutes les possibilités offertes par ce qui est vraisemblablement une des meilleures sonos actuelles.

Charlie P était partout cet été et en très en grande

Charlie P était partout cet été et en très en grande forme à Bruxelles.

Les médiums et aigus étaient ultra précis, jusqu’au tour de force de restituer « Redemption Song » lancé comme d’habitude par Jah Shaka en introduction de son set. Après avoir enflammé la danse lors de la deuxième édition dans une rencontre avec Legal Shot, cette fois, Jah Tubby’s est venu faire vibrer la Blackboard Stage, jusqu’à conclure par « Rise Up » que Dixie Peach a entonné pour le plus grand plaisir du public.

Au rang des habitués, Aba Shanti I a occupé le Roots Corner sonorisé par Young Veteran Hi-Fi pour une belle session roots et ensoleillée. S’il ne fallait retenir qu’un morceau, ce serait la rencontre avec Ras Divarius (qui a joué le vendredi et le samedi avec Blackboard Jungle) pour le magnifique « Violin Step » (vidéo : Idren Leeroy) :


Cette session a illustré l’identité du Reggaebus : la rencontre. Que ce soit sur l’affiche ou durant les sets, ce festival a rassemblé les artistes et le public autour de la diversité qui fait la richesse et le dynamisme actuel du dub et de la culture sound-system. 5

Au rang des belles découvertes en live, les massives étaient nombreux à se réunir autour du set, très attendu, de Dub Dynasty composé de Ben Alpha Steppa et Christine Omega, la bassiste du duo mythique Alpha & Omega.

Coupure de lumière pendant le set de Dub Dynasty !

Le duo a livré un set d’une parfaite maîtrise qui a transporté le chapiteau qui abritait le Gamma sound system pour la Reservoir Dub Stage. Le show a débuté tranquillement avec « Blessed Ethiopia » : rien de tel que de doux riffs et la voix mélodieuse de Wellette Seyon pour se mettre en jambe. Dub Dynasty c’est bien sûr du stepper, mais pas uniquement. Le son est résolument moderne, puissant et ancré dans la culture dub que Christine Omega restitue en jouant la basse en live et porte ainsi à merveille les deux ovnis que sont les tunes « Black Rose » et « Thundering Mantis ». Les massives présents se rappelleront avec émotion la coupure subite de la lumière pendant ce track qui a incité les deux artistes a augmenté la basse, les effets et la pression pour un moment d’anthologie. Regardez « We got dub » de Dub Dynasty ici (vidéo : Martin Dubu) :

De son côté, Gamma Sound a effectué un travail en profondeur sur sa sono qui lui a permis de restituer les sonorités du dub heavyweight actuel.
Les organisateurs n’ont pas lésiné sur la programmation cette année : Dawa HiFi, Indica Dubs, Mad Codiouf… Pas de répit pour les festivaliers : ils ont quitté la Reservoir Dub Stage le vendredi soir sur les dubs très sombres de Digitron pour retrouver Mad Codiouf qui n’a pas hésité à faire trembler le hangar du festival dès 13h le samedi…

Graphers en action!

Graffeurs en action!

De l’aveu de François de Claerk, organisateur du festival, cette édition a été une des plus belles depuis la création de l’événement.  Ce sont pas moins de 6500 festivaliers qui se sont réunis autour de la vaste et riche programmation, bien plus qu’une simple addition de noms. Le Reggaebus se veut un festival libre, comme en témoignent les nombreux slogans affichés par l’organisation et soutenus par les festivaliers qui viennent d’horizons et de pays différents. Qu’ils soient rastas, passionnés de dub ou simplement là pour faire la fête, chacun a participé à donner au Reggaebus son ambiance singulièrement underground et a concrétisé ce mot d’ordre du reggae bien au-delà du cliché : « unité et respect ».

Reportage : Musical Echoes.
Textes : Nico W.A.I. et Chris/Photos : Grapher & Co.

Des décorations toujours originales sur le site du festival.

Des décorations toujours originales sur le site du festival.

 

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