Paris Dub Session #6 : OBF feat. Shanti D et le BoomBoom collective retournent le Glazart !

C’était une nuit de sound system bien sauvage comme il n’y en a pas toutes les semaines, même à Paris. Pour la reprise des Dub Sessions en intérieur, One One Six avait invité le crew de Genève, OBF feat. Shanti D, le collectif parisien BoomBoom et son sound system au Glazart. Résultat près de 600 skankers et une session furieuse racontée en textes, photos, mais aussi avec un large extrait audio ! Ready ?

Rico OBF demande le feu au micro. Il a été servi!

Rico OBF demande le feu au micro. Il a été servi!

A minuit pile, c’est un peu l’hallucination en pénétrant dans le Glazart. Le reggae/dub retentit déjà bien fort, mais il n’y a encore personne à l’exception de quelques métalleux chevelus et tout de noir vêtus pas pressés de quitter les lieux après un concert du groupe de métal allemand, Leave’s Eyes qui venait de se terminer!

Le BoomBoom collective installe la vibe progressivement en sélectant des foundation tunes tandis que le public commence à arriver par grappes. Le son est sec, les basses puissantes et le stack de quatre scoops suffit amplement à sonoriser cette salle basse de plafond. Le volume sonore plafonne autour des 107 décibels. Le compteur en prend dix de plus d’un coup quand Rico, Guillaume et Shanti D prennent le relais pour OBF vers 2 heures. La salle est désormais remplie à ras bord.

Le crew commence plutôt tranquillement avec des tunes rub-a-dub et digital : « On arrive doucement mais sûrement Glazart », lâche Rico à l’aise au micro. Shanti D balade sa voix haute sur les versions. Easy ! Les dubplates et unreleased tunes s’enchaînent : Eck-A-Mouse, Sis I-Leen, Charlie P (« Culture me Culture »)… La première grosse bombe, une collaboration OBF/Dub Stuy (le label new yorkais créé par Tour de Force), est dédicacée à la police : « Brutality » et fait écho aux derniers événements tragiques aux États-Unis. Derrière, le désormais classique « Mandela » feat. Mr Williamz fait toujours son effet, d’autant que Rico distribue des 45T au public!

Une méchante dubplate de Pupajim plus tard, et l’assistance est déjà toute retournée! L’intensité de la session est croissante : « Style and fashion » de Lone Ranger et un extrait bien warrior du dernier album de Weeding Dub (Sound System D.N.A avec la grosse voix de Mark Iration au micro!)  font basculer la danse de le chaos. Il n’est qu’un peu plus de trois heures.
Un peu plus roots, le morceau « Peace and love » de Michael Rose n’en reste pas moins bien fat ! Tout comme le remix du classique de Martin Campbell, « Wicked Rule » par le label parisien, Like Dat Records : écoutez ici !

Stepper apocalyptique

La tuerie de Troy Berkley (« Babylon ») et ses versions accélèrent à nouveau la session! Derrière, c’est la guerre des étoiles avec un stepper apocalyptique (« Bushweed dub »), « Spiritual buisness», précise Rico qui emmène la danse dans une toute autre direction. Sur le dub, Shanti D monte sur la scène juste derrière les machines et skank dans tous les sens! Il est 4h30 et OBF est en train de lâcher les chevaux. Le son est industriel à souhait!  C’est une avalanche d’instrumentaux hardcore dub comme le « Wise Man » complètement fou qui s’abat ensuite sur le public…

Wayne Smith prend la suite sur un remix bass music de « Under me Sleng Teng ». Deux versions ultra barrées plus tard, il est déjà 5h05 du matin et le set d’OBF s’achève avec basses au maximum de leur puissance et un son warrior style ! Le Boom Boom collective ne perd pas de temps et enchaîne avec une tuerie du producteur Tozer, maintenant ainsi la pression à un niveau très haut. Imanytree se pose sur quelques versions pour adoucir un peu l’ensemble. Le collectif parisien est au niveau et sa sono tient plus que la route!

Jusqu’à 6h30 (5h30 après le changement d’heure), le Glazart a ensuite droit à un dub fi dub où les deux crews rivalisent de radicalité dans leurs versions. Comme un remix génial du « Problems » d’Horace Andy ou le morceau « The Dark Knight » qui écrase à peu près tout sur son passage. Les lumières se rallument finalement et le son s’arrête après plus de six heures et demi de sélection. La complicité entre les deux sounds est manifeste et s’est propagée toute la nuit dans l’assistance comme une traînée de poudre. OBF ne s’est pas gêné pour allumer la mèche et tout embraser avec ses sélections dangereuses. Family thing ! À Paris comme à Genève, OBF est chez lui dès que de bons scoops sont de sortie.

Reportage : Musical Echoes.
Textes : Emmanuel « Blender »/Photos : Courtiz Prod.




 

Le public est plus que réactif aux sélections!

Le public est plus que réactif aux sélections!

 

Le joli stack du BoomBoom a bien tenu le choc, même sur les productions les plus hardcore d'OBF.

Le joli stack du BoomBoom a bien tenu le choc, même sur les productions les plus hardcore d’OBF.

 

L'expérience sound system vécue au plus près!

L’expérience sound system vécue au plus près!

 

La communion entre les massives et les artistes.

La communion entre les massives et les artistes.