Paris Dub Session #7 : Vibronics et BoomBoom offrent une danse cent pour cent dub/stepper !

Samedi dernier, le Glazart accueillait la septième édition (déjà!) de la Paris Dub Session. Au menu, Steve Vibronics et Madu Messenger, venus de Leicester en Angleterre et le sound system parisien BoomBoom collective pour une danse bien sauvage jusqu’à 6 heures du matin. Récit et extrait audio de la session de Vibronics sur « Musical Echoes » !

DSC_0487

Danseurs devant le sound sysem du BBC ! Photo : Robin M.


624 entrées au Glazart dans la nuit de samedi à dimanche dernier ! Un record pour les Paris Dub Session qui sont désormais bien installées dans le paysage sound system reggae/dub parisien malgré une salle loin de faire l’unanimité. Notamment en raison d’une sécurité toujours tatillonne, en particulier à l’entrée où la fouille est méthodique et poussée. Trop au goût de certains qui s’en plaignent ouvertement. Les salles ayant le courage d’accepter les sound systems à Paris sont de toute façon bien trop rares (une poignée et quelques péniches sur la Seine) pour s’en priver, vigiles trop zélés ou pas !

Malgré cette sécurité omniprésente, l’endroit se remplit plus vite que d’habitude et en continu dès minuit. Les premiers danseurs apprécient la vibe instaurée par le collectif BoomBoom qui a une nouvelle fois ramener sa sono. Le stack envoie du lourd d’entrée, un peu de roots et très vite, beaucoup de dub ! Une version revisitée d’un classique de Hugh Mandell (« Great Tribulation ») ou le désormais classique « United we stand » d’O.B.F feat. Kenny Knots. Le son plafonne à 110 db, mais c’est amplement suffisant pour remplir un espace bas de plafond.

Quand la tablette remplace la platine... Tristesse !

Quand la tablette remplace la platine : tristesse, malgré l’aspect pratique évident…

2 heures du matin et c’est déjà au tour de Vibronics d’entrer en scène, accompagné du MC et chanteur, Madu Messenger. Passée la déception de voir le producteur anglais sélecter sur une tablette iPad et les quelques réglages nécessaires qui en découlent, la sélection prend forme et séduit vite. Si l’anthem « Mandela » d’O.B.F (encore eux!), « Watch dem » de Prince David ou les titres de son dernier album, The Return of Vibronics sont plutôt attendus, leurs versions revisitées par Steve surprennent. Le son stepper, aérien et toujours très carré du riddim maker est parfaitement reconnaissable, mais parfois plus audacieux qu’à l’ordinaire. C’est par exemple, cette boom tune de Soom T suivie d’une version folle à la flûte sur le même riddim que le « Searching for Jah » de Michael Prophet.

Pas prévu sur le line up, Murray Man s’invite au micro !

Rayon nouveautés, les massives ont droit à la dernière release de Cubiculo Records, une pure combinaison entre Pupajim et King General mise en musique par Conscious Sounds (« Talk 2 much », écoutez un extrait ici) ou une terrible dubplate de Paul Saint-Hilaire ! Les recuts du morceau « North and South » ne sont pas mal non plus et font bien trembler les murs dans le genre dub massif. Au micro, Madu Messenger, fait le taf avec talent, alternant passages chantés et toastés.
Pas prévu sur le line up, le chanteur anglais Murray Man, fait apprécier sa voix rocailleuse sur quelques versions et reprend son tube « Come inna the dancehall » avec une décontraction désarmante (écoutez ici). Croisé l’après-midi même chez le disquaire Patate Records à Paris, l’artiste de Birmingham a appris l’existence de cette session de notre bouche et n’a pas hésité à s’y inviter le temps de quelques tunes. Une belle surprise pour le public même si son passage au micro fut assez éphémère !

Au final, Vibronics gratifie le Glazart d’un très bon set, avec quelques classiques, mais aussi pas mal de nouveautés. Le BoomBoom collective reprend la main dès 4 heures et ne va pas faire retomber la pression. Au contraire, le crew parisien est déchaîné et envoie des instrumentaux aussi musclés, voire plus que ceux de Vibronics. Imanytree, qui prépare actuellement son premier EP (Stand tall), se pose bien sur quelques versions, mais ce sont les grosses rythmiques progressives qui priment désormais.

Le riddim inusable et fracassant du « Flatron » d’I-Tist & the Dub Machinist par exemple (écoutez ici) ou d’autres plus récents issus de productions maison ou de crews amis du BBC : Equal Brothers, Corpo Warrior, Tozer ou encore les Rouennais de Natural Ness pour une avant-dernière tune épique. Le dub se fait de plus en plus violent à mesure que la nuit avance et les dubplates tombent en rafales retournant facilement la danse à l’instar de ce dernier morceau d’anthologie signé Disciples qui clôture la nuit de la plus belle des manières. Celle d’un stepper aussi tranchant que dansant qui permet à chacun de libérer son énergie la plus sauvage sur le dancefloor… Ne serait-ce pas là la vocation première du sound sytem en fin de compte ?

Reportage : « Musical Echoes ».
Textes et enregistrement : E. « Blender ».

 

Écoutez un long extrait audio de la session de Vibronics ici :

Regardez la vidéo de la last tune du BoomBoom collective ici :