Chronique : « Holy Cow » de Dub Dynasty

Annoncé et attendu depuis l’été dernier, le nouvel album de Dub Dynasty est enfin sorti le 1er avril sur Steppas Records. Holy Cow, c’est le titre de ce nouvel opus hybride, profond et débridé. « Musical Echoes » a donc fait tourner sa platine pour découvrir l’une des meilleures releases de ce début d’année, sortie tout droit de la campagne anglaise.

La pochette pour le moins originale de l'album !

La pochette pour le moins originale de l’album !

Quel animal inhabituel pour une couverture d’album dub : une devon ! Derrière cette vache sacrée se cache le troisième opus issu de la collaboration entre Alpha Steppa, son père John Alpha et sa tante Christine Omega qui forment le duo mythique Alpha & Omega.
La devon salue l’auditeur au détour de « Footsteps » (avec Cologne au chant) qui ouvre l’album sur un stepper dansant et positif. Que ce soit au niveau de sa structure ou des samples utilisés (bruits d’animaux et notamment de vaches, mélodies lancinantes, rythmes entraînants), cette piste regroupe toutes les voies explorées au long des vingt pistes qui constituent cet album. Ainsi, « Chase Babylon » (avec Iyano Iyanti au chant) est un morceau plus lent et profond alors que « Material Things » (ft. Sista Jane Warriah) a une rythmique plus appuyée quand « Oh Father « (avec la magistrale chanteuse française Kiangana) est plus digital.

On retrouve donc une bonne partie des chanteurs présents sur les releases de Steppas Records et notamment, l’inimitable Ras Tinny dont la voix surpuissante nécessite un riddim à sa mesure. Après « Black Rose » sortie sur Thundering Mantis ou « Warmonger Man » sur Rooted and Grounded, c’est sur le terrible titre « Holy Cow » que le MC officie à nouveau. Dès l’introduction de la track, les vaches meuglent pour ensuite s’appuyer sur une rythmique saccadée d’une rare profondeur.

Ce disque est à multiples sens à l’image des paroles de « Oh Father » qui peuvent évoquer tour à tour l’image du père et du seigneur, mais également une entité supérieure ou bien encore un principe de vie. De même, « Material Things » dénonce la consommation comme étant une illusion… La Nature et la vie sont donc au cœur de cet album dont la vache sacrée est le symbole.

« Fascination pour la vie »

Les dubs, qu’ils soient issus des parties vocales ou originaux, sont plus que de simples morceaux qui se succèdent. « Footsteps Dub » nous emmène dans une promenade à la campagne, (le Devon, dans le sud-ouest de l’Angleterre où réside Christine Omega par exemble) où la pulsation du dub est une énergie qui donne vie à l’ensemble. « Chase Dub » est quant à elle à l’image de l’introspection implacable que cet album fait naître.

Les trois dubs « I Am Dub », « The Damselfly » et « Rig Veda » (du nom de la collection d’hymnes sacrés hérités de l’Inde antique) amènent une dimension mystique à l’ensemble. Encore une fois, souligner le vol d’une demoiselle (« The Damselfly » – un insecte assez proche de la libellule) illustre la fascination pour la vie qui traverse tout l’album. « Rig Veda » conclut cette série de trois morceaux particulièrement originaux et inspirants par un systématisme tribal et contemporain, servi par des nappes de claviers qui ne seraient pas surprenantes chez King Earthquake. Un anthem absolu qui ne devrait pas tarder à être joué par les sound systems.

Après deux albums très remarqués et une production intense sur le label Steppas Records, le dernier album de Dub Dynasty s’impose comme LE projet dub du moment, car c’est bien plus qu’un simple groupe qui s’exprime ici. La technique est réellement au service du message à la fois ouvert et optimiste (à l’image de « The Orchard » avec Violinbwoy). Bien que l’album donne à découvrir sa propre vision du monde, la production n’impose rien, elle suggère et guide l’auditeur dans un monde peuplé d’imaginaires foisonnants. Entre hymne à la nature et manifeste mystique, Holy Cow n’est rien de moins que le meilleur album dub de ce début d’année. En Grande-Bretagne comme partout ailleurs !

Nico B.

*Holy Cow est sorti en CD, double LP vinyle et numérique le 1er avril sur le label Steppas Records.

Tracklisting :

1-Footsteps (feat. Cologne)
2-Chase Babylon (feat. Iyano Iyanti)
3-Material Things (feat. Sis Jane Warriah)
4-Oh Father (feat. Kiangana)
5-In the Secret Place (feat. Cologne)
6-I Am Dub
7-The Damselfly
8-Rig Veda
9-The Orchard (feat. Violinbwoy)
10-Holy Cow (feat. Ras Tinny)
11-Seek Freedom feat. Kiangana)
12-Footsteps Dub (feat. Cologne)
13-Chase Dub (feat. Iyano Iyanti)
14-Dub Things (feat. Sis Jane Warriah)
15-Oh Dub (feat. Kiangana)
16-Secret Dub (feat. Cologne)
17-Holy Dub (feat. Ras Tinny) [CD Bonus]
18-Seek Dub (feat. Kiangana) [CD Bonus]
19-The Orchard (Alpha Steppa Mix) [CD Bonus]
20-Dub I Am [CD Bonus].

Le top 3 tunes du chroniqueur :

1-« Rig Veda »
2-« Holy Cow » (ft. Ras Tinny)
3-« Oh Father » (ft. Kiangana)/ « Oh Dub ».

Le top 3 tunes d’Emmanuel « Blender » :

1-« Rig Veda »
2-« I am Dub »
3-« Holy Cow » (ft. Ras Tinny).

Lisez ou relisez une interview accordée par Ben « Alpha » en septembre dernier ici :

Ben Alpha Steppa : « Mon père John (d’Alpha & Omega) fait ce qu’il a toujours fait : produire des morceaux et boire du thé ! »