Chronique : « Labotomie » de Tetra Hydro K

Après différents EP, dont le dernier en date Infusion de delay en 2014 (chroniqué ici), Tetra Hydro K revient, confirme et surprend avec Labotomie, sous le format d’un vrai album (digital) sorti sur le netlabel ODG Prod fin avril. Mettant en avant le goût du groupe pour un mélange de styles, faisant le plein de nouveautés, il précise encore un peu plus les intentions musicales du duo.

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L’album est sorti en libre téléchargement sur le netlabel Original Dub Gathering.

Le ton est donné avec l’intro « Tetra Hydro khemistry », assumant parfaitement l’aspect laborantin du choix des sonorités qui agrémentent les productions de cet opus.
L’album mélange en effet des styles marqués, le dub, bien entendu, mais toujours un côté mélodique qui tend légèrement vers le jazz grâce au côté organique du saxophone en contraste avec l’aspect tranché de la transe et, nouveauté : de la neurofunk (un sous-genre de la drum and bass).
Quelques featurings font également office de surprises. La participation de Saadji dont la musique s’oriente vers un style ethno-électronique en accompagnant le morceau « B is the key » de saz (luth à manche long, instrument traditionnel moyen-oriental) atteste de cette volonté de mélanger les influences.

Autre collaboration attendue depuis quelques temps au vu de leurs actualités respectives : celle avec Panda Dub, qui se joint à l’aventure sur « Exode » qui lorgne sur un esprit asiatique puis enchaîne sur des basses grésillantes empruntées à la neurofunk. Influence de style qu’on retrouve également sur le morceau évoqué précédemment, où Saadji a la méthode particulière de créer ce style de basse à partir d’un didgeridoo enveloppé d’effets.
Dernière invitée, Sama Renuka, chanteuse pour le crew provençal Welders Hifi, pose sa voix suave sur une production reggae/stepper « I try ».

« À la croisée du dub, de la trance et de la drum and bass »

Neurofunk assumée encore avec « Nampoux », titre auréolé des chants traditionnels bulgares en trame de fond, servant des basses empruntées encore une fois à ce style de drum and bass. Partant du hip hop, c’est sans réelle surprise cette fois-ci que le morceau monte en intensité pour plonger allègrement vers la neurofunk. Schéma similaire sur le morceau suivant « K ‘n Bass ». Clairement influencé par des groupes comme Noisia, ce titre rappelle le morceau « Miniamba » de Future Prophecies, des groupes de ce genre qui sont certainement l’origine de ce penchant nouveau de THK.

Pour les morceaux restants, « Playmobil knight » « Tetra Hydo Kamasutra », « Karnage » et «Grand Hotel Sub Bass »,  Tetra Hydro K reste sur sa ligne de conduite initiale : structures stepper, dub lourd qui tape pour secouer les endormis, laissant tour à tour parler le saxophone et les mélodies électroniques.

Pour leur premier album, les deux membres de Tetra Hydro K mènent leurs expérimentations en apportant de nouvelles couleurs et des collaborations originales. Et c’est une réussite!  Si les morceaux plus orientés vers le style dub stepper proposent une formule relativement classique et reconnue, les autres ont des structures et des sonorités qui ne laissent pas insensibles, avec un design sonore travaillé, calibré pour les amateurs de son lourd et puissant à la croisée du dub, de la trance et de la drum and bass.

Samuel Bagla.

 Tracklisting :

1-«Tetra Hydro Khemistry »
2-« Playmobil knight »
3-« B is the key (feat Saadji) »
4-« Karnage »
5-« Exode (feat Panda Dub) »
6-« Tetra Hydro Kamasutra »
7-« Nampoux »
8-« K’n Bass »
9-« I try (feat Sama Renuka) »
10-« Grand Hotel Sub Bass ».

Le top 3 tunes du chroniqueur  :

1-« B is the key (feat Saadji) »
2-« Tetra Hydro Kamasutra »
3-« Nampoux »

Téléchargez gratuitement l’album ici :
http://odgprod.com/2016/04/23/tetra-hydro-k-lobotomie/

Écoutez l’album Labotomie ici :