Dub Camp festival report #1 : Les oldies revivent le temps d’une session jamaïcaine d’anthologie !

C’était l’un des événements du dernier Dub Camp festival cet été à Carquefou (44). Vendredi 8 juillet, une soirée mémorable était entièrement consacrée aux chanteurs jamaïcains. Avec un plateau légendaire réunissant le père du deejay style, U-Roy puis les chanteurs Robert Dallas, Michael Rose, Prince Alla, Michael Prophet et Johnny Clarke. Le tout sur le sound system de Legal Shot. Retour en vidéo et en photos sur la plus yardie des sessions du festival !

Robert Dallas et Johnny Clarke en feu. Photo : Gwen.

Robert Dallas et Johnny Clarke au micro. Photo : Gwen.

C’est un petit homme fatigué de 73 ans qui se présente devant l’assistance du Dub Club Arena ce soir-là vers 20 heures. Ce petit homme est une légende du reggae, peut-être l’artiste jamaïcain encore vivant le plus important. Ce petit homme, caché sous son chapeau, c’est bien sûr le légendaire Daddy U-Roy. Backé par les platines CD de son Stur Gav Sound, le toaster est quasi immobile et se contente du minimum au micro : quelques gimmicks et une présentation sommaire des tunes. Il est loin le temps des improvisations enflammées et des lyrics tonitruants de celui qui a inventé le deejay style et par extension, le flow hip hop.
Reste que comme il le dit lui-même, « Music is not a competition » et voir ce vétéran au micro est toujours un plaisir. Et même si musicalement, sa performance n’a plus grand intérêt, c’est peut-être la dernière occasion de l’entendre, en tout cas en sound system.

Après cette mise en bouche qui serre un peu le cœur, les choses sérieuses commencent et Legal Shot reprend le contrôle de son sound system. Cette fois, le crew rennais est accompagné d’une pléiade de chanteurs de renom. Si Robert Dallas est quasiment inconnu (un seul LP à son actif, Tradition Man, sorti l’année dernière) malgré une voix éclatante, les quatre autres chanteurs présents ce soir-là sont bien des monstres sacrés du reggae : Michael Prophet, Prince Alla, Johnny Clarke et Michael Rose. Excusez du peu! Ces derniers seront rejoints en chemin par la jeune MC espagnole Ponchita Peligros et le chanteur Echo Minott, habitué des collaborations avec Legal Shot.

« Les vieux lions ont encore de beaux restes »

Un plateau de poids qui ne va pas tarder à entrer en scène : après une ou deux dubplates jouées par Legal Shot, le sélecteur laisse tourner le riddim et les vocalistes le chevauchent ensuite à tour de rôle en mode dubplates improvisées pour un clash amical. Si Johnny Clarke, plus habitué au live classique, paraît un peu emprunté dans cet exercice et même un peu chafouin de le constater, les autres chanteurs donnent vite leur pleine mesure. Michael Prophet, le plus en forme physiquement, est en feu et rugit littéralement au micro alors que l’autre Michael, Rose, fait l’étalage de son talent servant le fameux waterhouse style et ses gimmicks aux influences orientales si caractéristiques. Plus en retrait, Robert Dallas et Prince Alla n’en sont pas moins inspirés avec des flows certes plus posés, mais des timbres vocaux plus poignants. Doyen de l’assistance à 66 ans, ce dernier fait chavirer la foule en reprenant notamment son hit « Lot’s  Wife » avec beaucoup de justesse et d’émotion (écoutez l’original ici).

Quatre heures et une avalanche de pull’up plus tard, le résultat est sans appel : les vieux lions rugissants ont encore de beaux restes et ont rappelé que le roots and culture était loin d’être enterré! Legal Shot ne s’y trompe pas et le souligne à juste titre en fin de session : « Le reggae music, c’est grâce à eux. Nous on fait qu’essayer de le prolonger ». Un hommage nécessaire autant que mérité pour une soirée d’anthologie.

Regardez un résumé vidéo de cette session ici : 

 

Le selecta actuel du légendaire King Sturgav.

Le selecta actuel du légendaire King Sturgav.

 

Daddy U-Roy, le père du deejaying, fatigué mais souriant.

Daddy U-Roy, le père du deejaying, fatigué mais souriant.

 

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Exploit de la programmation qui a réussi à réunir pour la même session (de gauche à droite) : Prince Alla, Robert Dallas, U-Roy, Michel Prophet (derrière), Michel Rose et Johnny Clarke!

 

Michael Prophet s'est montré en grande forme, tant physiquement que vocalement.

Michael Prophet s’est montré en grande forme, tant physiquement que vocalement. Johnny Clarke, à droite, un peu moins…

 

Chanteur le moins connu du plateau, Robert Dallas s'est montré plein de justesse dans son chant.

Chanteur le moins connu des cinq, Robert Dallas s’est montré plein de justesse dans son chant et a particulièrement brillé sur les reprises.

 

Monstre sacré diu roots, Johnny Clarke n'est pas habitué à devoir partager la vedette.

Monstre sacré du roots, Johnny Clarke n’est pas habitué à devoir partager la vedette.

 

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Autre star du reggae, l’ancien chanteur de Black Uhuru, Michael Rose, a repris quelques-uns de ses plus gros hits comme « Guess who’s coming to dinner ».

 

U-Roy souffle une directive à son selecta.

U-Roy souffle une directive à son selecta attentif.

 

Hilares, Prince Alla, Robert Dallas et U-Roy semblent heureux de se retrouver.

Hilares, Prince Alla, Robert Dallas et U-Roy semblent heureux de se retrouver.

 

Reportage : Musical Echoes
Vidéo et photos : Gwen & Magda / Textes : E. B.