Chronique : « Playground » de Stepart

Ce vendredi 27 janvier sort Playground, le tout premier album du producteur parisien Stepart sur Stand High Records. Seule la version digitale est pour l’instant disponible alors que le CD et le vinyle suivront le 17 février. Les trois premiers morceaux mis en ligne récemment par le label laissaient présager d’une belle surprise sonore et visuelle. « Musical Echoes » a eu le plaisir de découvrir un album très attendu par ceux qui n’ont pas peur des mélanges entre dub et électro.

Playground Front

Kazy Usclef signe l’artwork de cet album, comme il fait pour toutes les productions de Stand High Records.

Une nouvelle étape dans l’évolution du dub ? Peut-être… En tout cas, Playground est une véritable pépite qu’il faut prendre le temps d’écouter, et de réécouter pour en savourer toute l’expression. L’album s’ouvre sur une véritable introduction. « Jungle », morceau très minimaliste laisse découvrir les éléments qui vont constituer cet album : une basse vibrante, abyssale, accompagnant un jeu permanent entre images et vibrations électroniques.

A cette image, « Lovin Death », sur des skanks électronisés typiques du style « Stand High » emmène l’auditeur dans un envol urbain flottant sur des nappes de basses dont l’intensité progresse au fur et à mesure du morceau… pour le déposer dans un morceau plus terrestre et à la structure stepper plus classique. « Groove Lost » en servant de morceau témoin à l’image d’une expérience de laboratoire, donne à entendre un mariage des plus original et enthousiasmant entre dub et électronique. La pression augmente avec le surpuissant « Angel Dust » dont les nappes de synthé analogiques envoient loin, très loin dans l’espace.

Mais attention, Stepart a de la réserve comme le montre le terrible et implacable « Gangsta Riot » aux forts accents stepper heavyweight qui donne une vision originale du dub électro en même temps qu’une leçon de steppa/dub. Une autre facette, plus électro, moins stepper prend ensuite le pas sur « Desperate » avec un côté progressif et dancefloor.

« Multitude de détails »

Et que dire de l’intervention de Pupajim sur la septième piste de l’album? Ce morceau chanté vient offrir une pause au milieu d’un opus exigeant. Armé d’un flow de grande qualité, le MC de Stand High nous raconte à la fois le travail « Non Stop » comme son inspiration et ses angoisses. A partir de là, c’est à une véritable déconstruction que se livre Stepart. Les morceaux comme « Nemesys » laissent apparaître des boucles jungle, égayées de claviers aériens pour repartir vers des sons très techno sur « Paddy » alors que « Afrikaa » montre le meilleur côté du dubstep : un son lourd, deep et inspiré très largement du dub.

En quoi « Playground » est-il un véritable bon album ? D’abord Stepart maîtrise le process de bout en bout, jusque dans la finesse de composition du rendu final et sa multitude de détails. La track « Papaya » qui conclut cet album illustre bien la grande maîtrise de l’artiste avec cette basse dub servant Merry à la trompette d’inspiration jazz et un environnement musical très fouillé.
Ensuite, si cette nouvelle release peut paraître de prime abord difficile d’accès pour les néophytes, s’y plonger laisse découvrir un univers musical et sonore véritablement à part qui devrait séduire bien au-delà du public dub et qui s’envisage comme un ensemble : voilà un vrai album avec un vrai cheminement artistique!
Enfin, Playground, par la richesse de ses influences, illustre une nouvelle étape de croisements et de ponts entre dub, musiques électroniques et bass music. Plus qu’un croisement, il s’agit ici en fait d’une fusion!

Nico B.

*Playground sort le 27 janvier en version digitale et le 17 février en CD et LP vinyle sur Stand High Records. 

Tracklisting : 

1- Jungle
2- Lovin Death
3- Groove Lost
4 – Angel Dust
5- Gangsta Riot
6- Desperate
7- Non Stop feat. Pupajim
8- Nemesys
9- Paddy
10- Afrikaa
11- Papaya feat. Merry (trumpet).

Le top 3 tunes du chroniqueur :

1- Angel Dust
2- Desperate
3- Non Stop.

Le top 3 tunes d’Emmanuel « Blender » :

1- Gangsta Riot
2- Papaya
3- Non Stop.

Écoutez « Gangsta Riot » ici :

Écoutez « Non Stop » ici :

Retrouvez une sélection récente de Stepart pour Musical Echoes (août 2016/M.E. reggae/dub/stepper #22) ici :