Chronique : « Elements » de Zenzile

Zenzile a sorti son nouvel album Eléments fin février sur Yotanka. Sans dub ou presque car cet opus est structurellement et artistiquement orienté vers le rock progressif, voire psychédélique sous certains aspects. Toutefois, la démarche est toujours motivée par les champs d’expérimentations, ici l’illustration musicale d’un spectacle et le voyage concret sous la thématique des quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu. 

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Elements est sorti le 24 février sur le label Yotanka.

Si les Angevins affirmaient sans détour dans le documentaire Dub Stories être « un groupe de rock qui fait du dub », aujourd’hui, et sur ce dernier album, Elements qui accompagne le spectacle du même nom, c’est un groupe de rock qui assume pleinement son style, allant puiser dans les différents styles inhérents au genre, du garage, du psychédélique, en passant par le pop rock ou le krautrock.
Après une dizaine d’albums et vingt ans de carrière (déjà !), se renouveler en creusant toujours plus le sillon de l’exploration plutôt que de chercher la facilité sur une sphère dont on a déjà fait le tour est un défi particulier, une remise en question totale, un véritable risque. Cela fait déjà un certain temps que le changement est amorcé, mais il restait toujours une touche reggae, comme une difficulté à dire « au revoir » au style qui leur a donné leur identité première.

« Changement de cap »

C’est certain qu’en tant qu’amateur de dub et de Zenzile, retrouver ce groupe sur ces terres froides et arides est quelque peu déstabilisant, tant le changement est radical. La voix douce de Zakia Gallard contraste totalement avec les caractères spécifiques des voix plus rudes des précédents albums (Jamika, Sir Jean, David K Aldermann…).
Ici les morceaux prennent le temps, évoluent en douceur et cherchent une structure progressive, les mélodies sont épurées, aériennes, mêmes les effets n’ont plus le même rôle tant le mixage est différent.

Avec Elements, Zenzile assume pleinement son changement de cap, quitte à laisser orphelin une bonne partie de son public, car le changement amorcé est certes maîtrisé et de qualité, mais il risque de ne pas rencontrer l’adhésion des fans les plus accrochés aux premiers albums et son dub décomplexé. L’alchimie dub/rock (parfois punk ou électro) est abandonnée pour laisser place à des sonorités complètement différentes dans un registre très éloigné des premières expérimentations du quintet. A l’exception notable du dernier morceau, « Poly », un superbe dub en apesanteur qui rappelle les meilleurs morceaux du groupe (« Long Ride », « White Spirit »…), mais où le chant est finalement presque de trop.

Samuel Bagla

Tracklisting :

1- Bird
2- Outsight
3- Storm
4- Dry
5- Escape
6- Sequences
7- Stellar
8- Presence
9- Poly.

Le coup de ♠ du chroniqueur : « Presence »

Écoutez le morceau « Presence » ici :