Dub Station Festival : des légendes du reggae et du dub sur deux sound systems reliés entre eux !

Les 28 et 29 juillet, les amateurs de dub se sont donnés rendez-vous à Vitrolles, pour la 3ème édition du Dub Station Festival, organisée par Musical Riot. Deux jours en plein air, dédiés à la culture sound system au Domaine de Fontblanche (13), à quelques kilomètres au nord de Marseille. Johnny Osbourne, Michael Prophet, Vibronics ou encore King Earthquake étaient notamment de la partie…

Pour l’occasion, la sono du Jumping Lion sound system était en configuration 8 scoops. Photo : Alex See.

Cette année, le Dub Station Festival a marqué la rencontre entre des pionniers du dub et deux jeunes sound systems locaux. On a ainsi pu découvrir et apprécier la combinaison de deux sonos locales Jumping Lion sound system (Aix-en-Provence) et Massilia Hifi (Marseille). Ces deux sound systems, qui étaient déjà présents lors d’éditions précédentes, ont pour l’occasion relié leurs sonos. Un préampli a spécialement été créé pour que leurs deux murs de son, puissent s’accorder le temps d’un festival. La sono du Jumping Lion comprenait un mur de 8 scoops, celle des Massilia Hifi étant réparti entre deux murs de 4 scoops chacun, de part et d’autre de l’arène. La qualité sonore était au rendez-vous et les deux murs, aux styles bien différents, parfaitement accordés.

La programmation de cette 3ème édition met en avant plusieurs artistes issus années 70 et 80, période que l’on qualifie souvent d’âge d’or du reggae. Johnny Osbourne, Michael Prophet et King Earthquake : trois légendes que l’on ne présente plus. Ils nous ont montré que, à leur âge, ils peuvent encore faire danser les foules.

Vendredi soir, un mélange de styles, du roots au dubstep

Le vendredi soir, les sélecteurs nous mettent tout de suite dans l’ambiance. La première partie de la soirée est assurée par Jumping Lion et Massilia Hifi. Dans une ambiance familiale, ils chauffent tranquillement la danse sur une sélection tantôt roots, tantôt digitale, malgré quelques soucis techniques. La pression acoustique dégagée par les 16 scoops de l’arène nous annonce une belle soirée.

Vers 21h c’est le vétéran Johnny Osbourne qui mène la danse. Ce dernier enchaîne les hits, accompagné par Fatta du sound system parisien Soul Stereo à la sélection. Un duo efficace et dynamique qui se connaît bien et va monter en puissance dans la deuxième moitié du set.

Johnny Osbourne backé par Fatta de Soul Stéréo.

Les deux sounds locaux reprennent ensuite la danse et montent de nouveau d’un cran. La danse est dynamique et de larges sourires s’affichent sur les lèvres. On ressent le plaisir qu’ils ont à jouer pour nous et à nous faire partager leurs plus belles sélections.

La soirée s’est poursuivie sur un style plus dubstep, représenté par Hatcha, un DJ anglais qui remplaçait Benga. On ne pourra pas vous en dire plus car c’est le moment que nous avons choisi pour nous éclipser.

Samedi soir, les basses ont retenti de plus belle, dans une ambiance familiale

La programmation du samedi soir annonçait un autre style que la veille. A notre arrivée, les sélecteurs locaux sont déjà aux commandes des platines. On entend et on ressent la musique vibrer dans tout notre corps. La danse est dynamique, du début à la fin et la foule se déchaîne sur des pas rythmés. Il faut dire que ce sont, certes, de jeunes sound system, mais ils ont l’expérience de ceux qui animent des soirées depuis bon nombre d’années.

En seconde partie de soirée, Michael Prophet prend le micro en featuring avec Madu, accompagnés par Steve Vibronics. Le chanteur jamaïcain est en grande forme et envoie son flow avec élégance, avec de lourdes basses en fond.

Madu Messenger prend le micro, accompagné de Steve Vibronics aux commandes de la sélection.

 

Michael Prophet prend ensuite le contrôle du micro.

King Earthquake prend ensuite le relais. Curieusement la fameuse « pression acoustique » diminue, pour laisser place à plus de vibrations. Après deux titres de Bob Marley et un début de sélection très digitale, il revient aux basiques du reggae sur des sélections plus roots, mais toujours dynamiques. Il confirme son titre de king du dub. Il ne manquera pas de faire un big up aux deux sound systems qui l’accueillent sur leurs sonos réunies.

Venu de Birmingham, le King transmet sa bonne humeur au public.

Cette année encore, le Dub Station Festival a été à la hauteur de la programmation annoncée. La réunion de deux sound systems locaux, bien travaillée en amont, a permis joindre la puissance à la qualité sonore, le côté familial en plus. On sait en effet que les deux crews se connaissent et s’apprécient et c’est bien ce qu’ils ont su nous transmettre à travers leurs sélections dansantes et leurs larges sourires. Les légendes des 70’s ont, quant à elle, assuré des prestations de qualité, preuve qu’on peut toujours compter sur les vétérans du reggae pour animer une soirée sound system avec brio.

Reportage : Emiliye (textes) et Alex See (photos) pour Musical Echoes. 

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