Chronique LP : « Distort » de PhoniandFlore

PhoniandFlore a sorti dernièrement son second album après un an de travail. Un opus très personnel nommé Distort disponible sur le label Marée Bass sur lequel il expose son approche très sombre du dub. Avec une seule collaboration, il nous livre son univers musical sans détour et sans concession.

L'album Distort est sorti fin décembre sur le netlabel Marée Bass.

L’album Distort est sorti fin décembre sur le netlabel Marée Bass.

Ouverture de l’album sur « Warning », un morceau original basé sur une double atmosphère à la fois pesante et aérienne, voire spatiale. L’union des différents instruments est une amorce vers un rythme stepper qui accompagne ce morceau évolutif très planant et laisse le champ libre à « Step_e_lectro » qui, dans un registre toujours planant, offre une approche plus mélodique, moins orienté dub au sens strict du terme (le skank intervient assez peu). On retrouve ce type d’atmosphère plus tard sur « Dark Side».

On entre ensuite dans le vif du sujet avec du gros stepper, pour la quasi totalité des morceaux à venir! « Galaktik » amène du rythme et de l’énergie et prépare le terrain pour « Killa da borders« , un morceau fait pour bouger la tête sur une mélodie frénétique aux tendances épiques grâce aux cordes qui enchaîne sur un break en milieu de morceau pour mieux repartir en stepper lourd.

« Quickly » invite Bruno M.D.C. (bassiste de Massive Dub Corporation) sur l’unique morceau avec featuring. Un track sombre et servi de nappes de pads sur un beat qui se déroule sur la longueur. Certainement le point d’orgue de l’album!
« Let’s go » quant à lui est d’avantage orienté électro, à la croisée entre le dub et la techno avec des accents d’abstract à la sauce progressive.
« R2d_Dub », référence évidente à R2D2 de Star Wars, met l’accent sur l’aspect robotique et métallique qui colle avec la marche en avant intraitable du beat stepper, ponctué par une basse sourde et grouillante.

« Un petit air de fraîcheur dans cet album globalement ténébreux »

« Steppa » annonce tout de suite la couleur avec des notes piquées qui donnent un aspect espiègle quasi comique par-dessus un univers toujours aussi sombre. Un petit air de fraîcheur dans cet album globalement ténébreux.
« Distort » qui donne son nom à l’album crée une atmosphère étrange avec des bruits d’oiseaux et un dub qu’on pourrait qualifier de tribal dans son approche des sonorités qui fourmillent de détails.

Les deux derniers morceaux sont les ovnis de l’album, mais on sent une aisance dans ces styles hybrides qui fonctionnent bien aussi. « Worlda Steppa » surprend d’emblée par le style dubstep là où on ne l’attendait pas, tranchant clairement avec le reste de l’album.
« Low » pour sa part, est franchement expérimental, un mélange de breakbeat et de drum ‘n’ bass pour un final de très bonne facture.

Des thèmes forts et une ambiance dub/électro sombre et pesante. Si certains morceaux sont parfois répétitifs, l’ensemble de l’album est bon et surprenant. Après un an de travail, PhoniandFlore se livre de manière très personnelle et en toute honnêteté sur un album qui ne triche pas.

Samuel Bagla.

 

Le « top 3 tunes » du chroniqueur :

1. « Low »
2. « Quickly »
3. « Worlda Steppa ».

Tracklisting :

1-Warning
2-Step_e_lectro
3-Galactik
4-Killa Da Borders
5-Quickly (feat Bruno M.D.C.)
6-Let’s Go
7-R2d_Dub
8-Steppa
9-Distort
10-Dark Side
11-Worlda Steppa
12-Low.

L’album Distort est disponible en libre téléchargement sur le site de Marée Bass ici : 
http://mareebass.blogspot.fr/

Ecoutez aussi Distort ici :