Chronique : « Repatriation » de King Kong

Artiste très vogue dans les 80’s aux côtés de Nitty Gritty, Tenor Saw ou encore Eek-A-Mouse, Dennis Thomas aka King Kong sort cette année un douzième album sur le label français Irie Ites Records, qui ravira autant ses fans que ceux qui le découvrent.

Le retour du King… Kong ! Libérez-le.

En cette période de retour en force du digital, King Kong vient prouver qu’il reste l’un des vétérans les plus mythiques de ce mouvement né dans les années 80. À bientôt 56 ans, ce dernier a encore son mot à dire alors qu’il chante depuis l’âge de 13 ans. Textes soignés, flows et chants variés, King Kong allie à la fois le fond et la forme tout au long de cette aventure.
Pour servir son propos et son talent, il s’est entouré d’excellents riddim makers, (Naram & Art, Russ Disciples, Sly & Robbie, Roots Radics, Dwight Pinkney, Leroy Mafia, et Bongo Herman) et de chanteurs tels que Pinchers, Eek-A- Mouse, Burro Banton pour quelques excellents featurings. Le tout pour un mélange de modernité et d’ancienne école qui fonctionne à merveille.

Douze titres, voilà de quoi se régaler avec des alternances rub a dub et des morceaux au tempo plus relevé. Si le premier morceau, sur une reprise du riddim « Hot Milk », le plus lent, n’est pas le plus représentatif de l’ambiance générale de l’album, il permet de faire monter la pression petit à petit et de créer un équilibre intéressant pour ce qui suit. Outre ce riddim classique, on retrouve notamment celui nommé « African Princess » sur la chanson « Change ».

Le point d’orgue étant sans conteste le morceau « Old School », au milieu de l’album, sur le fantastique riddim de Russ Disciples avec Burro Banton et Pinchers en featuring (la killer tune du disque).

Tout au long des morceaux, King Kong propose une belle variété de flows et de styles. Aussi bien à l’aise au chant, qu’au style deejay pour coller au mieux aux instrumentales, son plaisir est palpable, transpire, se transmet, pour livrer certainement l’un des meilleurs opus de sa carrière.

« RETOUR EN ÉTHIOPIE » 

« Repatriation », qui donne son nom à l’album, a ceci de remarquable et d’original qu’il prend à revers le discours rastafarien en critiquant ceux qui parlent de retour en Ethiopie sans jamais n’y être allé une seule fois. Un morceau en forme de critique cinglante par un vétéran qui a choisi d’élire domicile dans ce pays.

On notera également le morceau « Wake up the Town », un peu « madeleine de Proust avec Eek-A-Mouse et ses gimmicks reconnaissables entre mille et une aisance au micro toujours présente malgré une voix un peu plus patinée avec l’âge.

Un beau cadeau que cet album en début d’année : une qualité et une application indéniables de chacun des protagonistes, ainsi que de nombreuses dates à venir pour le défendre sur scène ! Petite fierté également de voir un artiste de ce calibre travailler avec un label français Ire Ites créé par le sound system du Mans qui s’est lancé dans la production dès 2001.

Samuel Bagla.

* Repatriation est sorti le 2 mars aux formats CD, LP & Digital sur Ire Ites Records. 

Tracklisting :

1- « Money could a buy »
2- « Gwaan »
3- « Pree the money »
4- « Repatriation»
5- « Change»
6- « Old School » (feat. Burron Banton & Pinchers)
7- « Just a grow »
8- « Wake up the Town »  (feat. Eek A Mouse)
9- « Rootsman skanking »
10- « Dancehall teacher »
11- « Licky Licky »
12- « After midnight ».

Le top 3 tunes du chroniqueur :

1- « Pree the Money »

2- « Old School »

3- « Rootsman Skanking ».

Regardez le clip de « Gwaan » ici :