Joris (Wandem sound system) : « L’idée des soirées déguisées vient du festival Burning Man, aux États-Unis »

SOUND SYSTEM INTERVIEW. Le Wandem sound system est de plus en plus actif à Bordeaux, avec ses sessions Dub School, mais aussi ailleurs : il partage l’affiche avec King Earthquake ce vendredi 16 mars pour le Nantes Club #28. Entretien avec son fondateur, Joris, qui nous parle de son historique, de ses influences et plus généralement, de la scène dub et sound system à Bordeaux et dans sa région.

Belle ambiance à Bordeaux Dub School avec trois sonos différentes.


M. E. : Tu sonorises le Nantes Dub Club ce vendredi 16 mars, est-ce la première fois que vous sortez votre sono aussi loin de Bordeaux ?

J. : Nous avons déjà eu l’occasion de jouer avec le sound deux fois à Toulouse, pour des sound meetings avec nos potos toulousains : I-Station, RedLine, Backyard Corner. Mais c’est vrai que les occasions n’ont été que trop rares pour le moment. C’est en train de changer depuis peu et on s’en réjouit !

M. E. : Connais-tu la scène sound nantaise ? Y a-t-il des échanges avec elle ?

J. : Je suis monté plusieurs fois pour assister à des soirées Nantes Dub Club, mais jamais pour de plus petites soirées, cela fait quand même pas mal de route… Mais nous connaissons les MeloDub qui sont déjà venus plusieurs fois assister à nos Bordeaux Dub School, et nous avons récemment rencontrés les RDH Hi-Fi que nous avons invités pour un sound meeting.

« De nouveaux caissons de basses »

M. E. : Est-ce qu’il y a une pression particulière de sonoriser une grosse session française et plus encore, à sonoriser King Earthquake qui est réputé pour jouer toujours un peu plus fort que prévu ?

J. : Il y a forcément une petite pression en plus à se déplacer loin pour jouer, d’autant plus dans des soirées aussi implantées que les Nantes Dub Club, c’est une première pour nous et on prend ça très au sérieux.

Concernant King Earthquake, je suis personnellement un grand fan depuis longtemps. On ne peut pas me faire plus plaisir comme invité sur ma sono (merci encore Get Up) ! De plus, nous sommes devenus amis il y a quelques années maintenant, nous nous connaissons bien, nous l’avons déjà fait jouer sur la sono à Bordeaux, et même si effectivement, il a tendance à jouer toujours un peu plus fort que voulu, je ne suis pas du tout inquiet pour la sono, ni pour la session… Peut-être un peu plus pour le limiteur de la salle haha mais ça, on verra sur place…


M. E. : Où en est votre sound system? Quelles sont ses dernières modifications et comment définirais-tu son rendu sonore?

J. : Nous venons d’achever la construction de notre deuxième mur, sur le modèle du premier, ce qui nous amène à une sono de 8 basses. Nous avons aussi fait pas mal de modifications de matériel dernièrement et nous avons également construit de nouveaux caissons de basses à partir de plans privés faits sur mesures… Bref pas mal de changements qu’ils nous tardent d’essayer sur les prochaines dates ! Le rendu est plutôt sympa, mais le mieux est encore de venir écouter ça par vous même…

M. E. : Peux-tu nous parler de ta découverte de la culture reggae ?

J. : En fait, j’ai d’abord découvert le dub avant de connaitre vraiment le reggae et toute la culture jamaïcaine.

Je suis passé de mon époque adolescente punk métal à Improvisators Dub, Zenzile, High Tone, Löbe Radiant Dub System et toute la génération de dub français live qu’il y avait à l’époque.

Mais plus particulièrement Improvisators Dub et Manu Tension vu qu’ils étaient de Bordeaux. Le hasard a fait qu’un de mes meilleurs potes, Tibô aka Mightibô de Askan Vibes, qui voulait faire des études d’ingé son, a demandé à l’un de ses voisins ui était directeur du studio « Le chalet » à Pompignac, s’il pouvait faire un stage chez lui. Il lui a dit « pas de problème, viens la semaine prochaine. Il y a un groupe qui enregistre un album ». Il est arrivé la semaine d’après et il y avait Improvisators Dub en studio avec Jonah Dan, Danny Vibes, Ras I. Le soir, il m’a appelé et il m’a dit  : « demain t’es chez moi à 8h30, on va au studio et tu vas voir un truc que tu n’as jamais vu de ta vie ».

J’ai donc rencontré les Impro Dub en studio, et on a découvert tout le travail d’enregistrement, de mixage sur console et d’expérimentation sonores avec pas mal de choses que l’on avait jamais vu de notre vie.

J’ai tout de suite était mordu par cette musique, tous ses effets, le côté expérimentation, cette vibe méditative. Le reggae, je l’ai découvert après avec Tibô qui m’a initié à tous les grands groupes de l’époque : Israel, Gladiators, Peter Tosh, Bunny Wailer etc… J’adore le roots des années 70, mais mon premier amour reste le dub instrumental.

M.E. : C’était en quelle année ça ?

J’étais en Seconde, il y a 15 ans, en 2003.

M. E. : Tu étais jeune…

Oui, je venais d’avoir 16 ans. On a donc connu Manu Tension et les Impro Dub, mais aussi Gary Clunk, Hatman, Dub Fighta et Fredread qui était dans Löbe Radiant Dub System et qui venait de lancer son projet Webcam Hi-Fi…

J’ai aussi monté une petite asso à l’époque, on a commencé à organiser des concerts et on a fait un festival dans lequel on a fait jouer Impro Dub à l’époque. Mes parents étaient déjà dans l’asso, ils gardent un souvenir ému de Manu Tension avec sa troupe qu’on a eu du mal à faire sortir de la Coupole de Saint-Loubès. C’est vraiment des supers souvenirs ! J’ai encore l’affiche dans mes toilettes dédicacée par Impro Dub…

On ne composait pas, on était spectateur, j’avais l’asso et on organisait des petits concerts où il y avait de tout : du dub, ska, rock, du métal…

Un jour, en 2004, on a vu un flyer d’une soirée nommée « Spirit of dub warrior night ». Je me souviens du nom car on s’est dit « Whouah, c’est pour nous ça ! ». Là-bas, il y avait Boris de « Reality Sound System » avec sa sono de 8 basses au Nautilus et il y avait également la sono de Manu Tention avec Uzinadub (I-tist, Dub Machinist, Dub Browser, Cyril Control Tower), mais aussi des chanteurs comme Murray Man, Humble I, Ras T-Weed. C’était énorme. Je ne connaissais rien au sound system et aux sonos. Mais bizarrement, je me souviens plus de l’ambiance et de la musique qui étaient super cools alors que je n’ai pas le souvenir d’avoir été surpris ou choqué par la pression des basses. À l’époque Impro Dub, Zenzile et les autres, ils envoyaient déjà de la grosse bass line en concert…

«  BBJ avait encore son double scoop à l’époque… Le son était impressionnant pour le novice que j’étais… » 

C’est la toute première session sound system que j’ai faite, j’ai appris depuis que cette session avait été organisée notamment par ceux qui allaient devenir plus tard les Equal Brothers…

À cette époque, il n’y avait que très peu de sessions sound system d à Bordeaux, en tout cas pas avec des sonos home made comme ça.

Affiche de la session Dub Meetings #12, en 2017 déjà organisée par Musical Riot.

La suivante a été, en 2007, avec Uzinadub au Trabendo à Paris (19e) avec Russ D et King Shiloh qui avait finalement été remplacé par Dub Creator, le tout sonorisé par un certain Blackboard Jungle sound system. On connaissait la musique de Russ Disciples, évidemment aussi celle d’Uzinadub mais pas du tout Blackboard Jungle ni Dub Creator d’ailleurs.

Et là par contre, à peine arrivé dans la salle, ça été la grosse claque sonore…

BBJ avait encore son double scoop à l’époque… Le son était juste impressionnant pour le novice que j’étais… Je connaissais les morceaux d’Uzinadub et pourtant à chaque lâcher de basse, j’avais l’impression de les redécouvrir… Je pense que c’est réellement cette soirée qui m’a fait plonger le sound system. Après cette soirée, j’ai commencé à écumer les sessions de France, d’Angleterre et d’ailleurs… Et cela m’a permis de rencontrer énormément d’activistes, de producteurs, de promoteurs et de m’imprégner de cette culture.

Après le lycée, je suis parti au Pays Basque, à Anglet (64) et mon pote Tibô m’a rejoint un an après et c’est là qu’est né Askan Vibes. C’est là qu’on a commencé à faire des morceaux. Et à cette époque que l’on a fait des rencontres décisives pour la suite comme Equal Brothers ou Webcam Hi-Fi qui nous ont beaucoup appris, Webcam pour la partie Studio et Equal Brothers pour la partie Sound System.

M. E. : Comment as-tu rencontré le sound Equal Brothers ?

J. : Equal Brothers on les a rencontrés vraiment par hasard.

Tibô faisait des études dans l’audiovisuel et dans le cadre d’un stage, il devait faire des captations d’image pour un festival à Anglet et là il tombe sur des mecs devant une agence d’assurance avec une petite sono et qui jouent du reggae dub. Ils n’ont que 2 caissons de basse de bagnole et une enceinte 3 voies toute classique mais ils ont aussi un dubamp 3 voies et une sirène Jah Tubbys. A l’époque, ce genre de matos, cela ne se voyait jamais. Tibô m’a tout de suite appelé pour me dire :
« Ramène-toi ici, ça va te plaire ! ».

C’était les Equal Brothers qui commençaient à se monter doucement et qui juste après, ont construit leur première vraie sono faite maison. Ils ont commencé à faire leurs soirées et donc nous, on a commencé à les suivre partout, à faire les boxmen et à observer et questionner sur tout… On était également chez JB à écouter des skeuds tous les mardis soirs pour son émission de radio. On a appris énormément de choses à leur côté et on a aussi eu la chance de rencontrer beaucoup d’autres artistes à leurs soirées, moins connus à l’époque comme Jonah Dan, Terry Gad, Russ D ou Rico de O.B.F.

Depuis on est toujours restés très proches, et maintenant ils viennent à nos sessions dès qu’ils le peuvent et en mode full support, toujours déguisés. Ils adorent et nous soutiennent énormément.

M. E. : Askan Vibes, votre label Vineyard Records, tu peux nous en dire plus ?

J. : Quand Tibô est arrivé au Pays Basque pour ces études, nous avons commencé à composer de la musique ensemble. Tibô fait du piano depuis qu’il a 4 ans, il a appris la guitare et la basse en autodidacte, et moi je faisais de la batterie et des percus. On a commencé à composer en MIDI sur Cubase, plutôt roots, même si il nous ai arrivé de nous essayer à des trucs plus stepper digital.

Joris, fondateur de Wandem sound system.

Nous avons beaucoup appris sur la MAO avec Fredread, de Webcam Hi-Fi que nous allions voir régulièrement en Dordogne. Et par l’intermédiaire de Fred, nous avons eu l’occasion de partir rencontrer Roberto Sanchez au Lone Ark Studio à Santander, en Espagne. Roberto était déjà l’ingénieur de génie qu’il est encore aujourd’hui et après deux jours passés à le voir travailler dans son studio, nous avons tout de suite eu l’envie de venir enregistrer des morceaux chez lui.

Nous sommes donc revenus quelques mois après, pour enregistrer 6 morceaux que nous avons ensuite sortis en maxi 12’’ sur notre label Vineyard Records, avec des chanteurs comme Tony Tuff, Earl Zero, Joseph Cotton, Benjamin’ et bien entendu Roberto Sanchez lui-même…

« Roberto Sanchez nous a appris pas mal de choses » 

Nous avons rejoué l’ensemble des instruments un par un avec l’aide de Roberto qui nous as appris un nombre de choses incalculables sur les techniques de studio. Nous avons ensuite mixés tous les morceaux dans notre studio, avec la participation de Dub Machinist ou Russ Disciples sur certains mixs.

Le projet a été ensuite tourné au ralenti pendant quelques années parce que Tibô est parti vivre à l’étranger. Moi je suis rentré à Bordeaux et c’est là que j’ai monté le Wandem Sound.

A présent, je m’occupe de Wandem et Tibô est maintenant rentré à Paris depuis quelques années, et il continue à bosser, je participe et le soutient oujours, mais c’est maintenant lui le principal moteur de Askan Vibes. Il s’est mis à la batterie, deux mois après il jouait mieux que moi… Il fait ses riddims tout seul et des morceaux vont bientôt sortir notamment sur le label Chouette Records avec le chanteur Wolf mais aussi le deejay I-Fi du collectif Roots Attack !

M. E. : Comment est né le Wandem Sound ?

Après mes études aux Pays Basque, je suis rentrée à Bordeaux, cela fait maintenant dix ans. Pendant longtemps je suis resté observateur, je n’avais pas envie de me lancer pour tâtonner. Je voulais d’abord savoir ce que je voulais pour ensuite le faire et y arriver.

Le Wandem, c’est parti d’une session dans les bois du bassin d’Arcachon avec Ital Vibes Sound System. Je connaissais déjà Jah Benny (Benny Records) depuis des années, et j’ai rencontré Théo aka Tunda rootikal qui venait d’emménager à Bordeaux depuis peu. Bon feeling entre nous, on était trois, on avait tous les trois des disques, tous envie de jouer donc naturellement on s’est dit : « Pourquoi ne pas faire un truc tous les trois » ?

Et ce soir-là on a fait notre première session en tant que crew avec les copains Ital Vibes.

Puis moi j’ai eu très vite envie de monter ma sono. Faire le DJ, ce n’était pas assez. Mon truc s’est vraiment c’est le sound system.

J’ai fini par monter ma sono tout seul financièrement, mais toujours aidé par des copains. C’est Nico Kumi Hi-Fi qui m’a appris à monter mes premières boxes et à travailler le bois. Parce que, ça c’est encore un autre métier….

Puis j’ai retrouvé un vieux copain d’enfance, Guizmo, qui était déjà là dans l’organisation de notre festival avec Impro Dub. Je l’ai initié aux soirées sound system, on est allé aux quatre coins de France, et d’Europe, à Londres. Il a rapidement était mordu aussi et c’est tout naturellement qu’il a commencé à m’aider à finir la sono, la transporter, l’installer, organiser les premières sessions… Depuis la famille ne fait que s’agrandir !

M. E. : Parle-nous des autres sound systems qui étaient là quand tu as commencé à jouer à Bordeaux ?

J. : À l’époque, il y avait les Roots Workers qui étaient à Bordeaux, et qui ont fait de très bonnes soirées à la MAC en 2011/2012.

Pendant ce temps-là, Ital Vibes jouaient en mode free reggae party dans les bois. À la base, je ne le sentais pas trop, mais c’était l’été, il faisait beau, je me suis dit pourquoi pas… Et là on arrive et je capte direct que non seulement les mecs ont des scoops mais qu’en plus il y a la patte de lion de Red Lion gravée derrière… Cela m’a tout de suite intrigué !

J’ai rencontré le crew comme ça. Et on a discuté musique, je leur ai parlé de mon label Vineyard Records, et à ma grande surprise, ils connaissaient très bien. Je suis revenu aux sessions d’après et un jour, ils m’ont proposé de venir jouer avec eux avec Théo et Benny…

Roots Workers sound system a dû repartir à Dunkerque et Paris et l’asso Cargo 209 a repris les sessions à la MAC avec Ital Vibes sound system comme sound résident.

J’ai commencé à monter mon sound system à ce moment-là, suivi de très près par les Infinity H-Fi et plus tard Zoulou Sound. Il y a aussi Ludo Dub Browser, ancien Uzina Dub, qui avait monté son sound system, mais dont les apparitions ne se font que trop rares.

Wandem sound system et sa Hornsmen Section. Credit : Roots Vibes.


M.E. : Quand avez-vous sorti votre sono la première fois ?

J. : La première sortie de la sono, c’était pour fête de la musique en 2014 à Blanquefort en plein air avec 3 basses. Puis une semaine après à la Mac en sound meeting avec Ital Vibes.

M.E. : Comment sont nées les soirées Bordeaux Dub School ?

J. : Nous avons commencé à organiser nos soirées Bordeaux Dub School en octobre 2014 à Blanquefort (ville dans la banlieue nord de Bordeaux NDLR). Nous venions tout juste de finir la sono, et hormis quelques soirées à la MAC, il n’y avait vraiment pas beaucoup de sessions sound system à Bordeaux. Je me suis dit que le meilleur moyen de pouvoir jouer régulièrement, c’était d’organiser nous-mêmes nos soirées.

On a donc commencé l’aventure dans une toute petite salle privée au fin fond de la zone industrielle de Blanquefort, la capacité officielle était de 250 personnes. Nous avons invité les copains de O.B.F pour faire la première soirée, c’était sold out avant même de commencer… Donc on a pu en refaire deux autres avec I-Skankers et Dawa Hi-Fi , puis nous avons été contactés par la Rock School Barbey ou nous avons déménagé en octobre 2015.

C’est à ce moment-là que nous avons commencé les soirées déguisées…

M. E. : Cette idée des soirées déguisée est venue d’où ?

J. : L’idée des soirées déguisées est venue d’une réflexion en plusieurs étapes. (…)

Il se trouve que juste avant la reprise des Bordeaux Dub School à Barbey, une partie du crew, dont moi-même, sommes partis en road trip aux et avons été à un festival appelé le Burning Man, aux États-Unis (dans le désert du Nevada NDLR).

Le fait est que nous sommes rentrés complètement transformés de cette semaine. Nous avons pris une vibe extraordinaire là-bas… C’est quelque chose que l’on peut difficilement expliquer en quelques phrases mais nous avons surtout retenu cet accueil ultra chaleureux, l’état d’esprit toujours très positif, de la créativité à tous les coins de rue, nous n’avons rencontré que de gens très respectueux, bienveillants, protecteurs et inspirants. Pas une seule mauvaise expérience ou rencontre de toute la semaine.

« Un membre des Impro Dub est venu improviser avec nous » 

Nous sommes rentrés avec la ferme intention de garder un peu de cet état d’esprit dans nos vies et ils nous a tout de suite paru évident qu’il fallait ramener ça également dans nos soirées…

On a donc pris le parti de faire des soirées déguisées, mais aussi de ramener de la déco, des ballons lumineux, des couleurs et surtout la joie et de la bonne humeur en accueillant les gens à l’entrée avec des gâteaux, des cadeaux. Il y aussi des bénévoles qui maquillent les gens qui le souhaitent, il y a même un stand de déguisements gratuits maintenant… Le but est de créer une ambiance positive afin de ramener de l’interaction entre les gens, qu’ils se regardent, qu’ils se parlent, qu’ils rigolent tous ensemble et que l’esprit familiale des Bordeaux Dub School perdure et se renforce.

Je ne pas sûr que le concept plaira à tout le monde, notamment à ceux qui sont très attachés au côté spirituel des sessions. Mais le sound system, le reggae et le dub , e n’est pas que spirituel, c’est aussi une musique qui apporte un message d’unité, de paix, d’amour, de tolérance, c’est ce que nous faisons toujours à chacune de nos soirées, et les gens qui sont venus au moins une fois l’auront senti…

J’ai quand même eu quelques appréhensions à inviter des artistes très attachés à ce côté spirituel de la musique comme King Earthquake, Joseph Lalibela, Dub Dynasty… Mais malgré quelques réticences ou incompréhension en début de soirée pour certains, absolument tous sont repartis totalement ravis du moment que l’on avait passé tous ensemble, de leur session, de la bonne humeur générale, des déguisements, de la décoration, de l’esprit hyper familiale de nos soirées…

M. E. : Et qu’en est-il de la Hornsmen section …

J’ai rencontré Loïc dit « Lix la Coulisse » à Blanquefort lors la BDS avec Dawa. On ne se connaissait pas mais il avait demandé sur l’événement Facebook s’il pouvait ramener son trombone… Cela m’a tout de suite emballé et il est donc venu jouer un peu en freestyle. Il avait toujours joué dans des groupes mais jamais en sound system et il a adoré. On a commencé à travailler ensemble. On s’est super entendu dès le premier soir et depuis, on ne se quitte plus.

Plus tard, nous avons rencontré Corentin aka Jahzz qui était un pote saxophoniste des Infinity Hi-Fi. Le feeling est tout de suite passé entre nous et le projet de monter une section cuivre live en sound lui a tout de suite parlé (…). Malheureusement Jahzz a des problèmes aux oreilles depuis un an maintenant, ce qui fait qu’il ne peut plus venir jouer en session avec nous, il continue à travailler en studio chez lui mais ne peut plus venir jouer avec nous pour le moment…

Mais la vie étant bien faite, à ce moment-là Loïc nous a présenté un pote saxophiste à lui : Natty avec qui il jouait déjà depuis longtemps dans différents groupes…. Natty a également découvert l’univers du sound system avec nous, et malgré le fait qu’il arrive dans le projet un peu en cours de route, il a su rattraper son retard en quelques sessions à peine et fait maintenant partie intégrante de la Hornsmen Section, et dans un style totalement différent de celui de Jahzz, qui lui reviendra le jour où il sera prêt !

M. E. : Le nouveau musicien avec son coquillage et sa flûte à votre dernière Dub School ?

J. : Il s’agissait de Fransax, ancien membre des Improvisators Dub, qui jouait avec eux de la cithare, de l’harmonium, des flûtes, du coquillage et bien sûr du saxophone ! Nous nous sommes perdus de vue pendant 15 ans et nous nous sommes revus récemment à un concert. Il a appris que je faisais maintenant du sound system et il a tout de suite été partant pour venir voir ce que ça donnait. Il devait venir en touriste mais il est finalement venu avec quelques instruments pour improviser avec nous… Un grand moment d’émotion pour le grand fan que je suis toujours ! Peut-être une nouvelle recrue pour la hornsmen section mais j’aurais plus l’impression que c’est lui qui nous embauche haha…

M. E. : Quid des workshops Bordeaux Dub School ?

J. : Le premier était en ce début d’année sur le thème de la MAO avec Rico de O.B.F comme professeur de classe. Cela était un grand succès, les participants étaient vraiment ravis et sont tous repartis avec un grand sourire et surtout l’envie de faire des morceaux ! Même ceux qui n’y connaissaient absolument rien en arrivant.

On va renouveler l’expérience très bientôt avec d’autres intervenants. Le prochain sera avec Oliva de Blackboard Jungle, en avril. C’est ça la vraie Bordeaux Dub School en fait… Personnellement j’aurais vraiment aimé que l’on me propose des stages comme ça il y a dix ans. Cela me parait crucial d’arriver à transmettre ces connaissances si on veut que cette culture évolue continuellement…

Propos recueillis à Bordeaux par C.S.
*(Interview audio captée en direct, retranscrite mot à mot puis reformulée par l’interviewé lui-même, contrairement à l’usage).

♦ Plus d’infos sur Nantes Dub Club #28 ici. 

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🎵Warm up : Écoutez un extrait de la dernière session parisienne de King Earthquake ici :