Chroniques groupées #1 : Quatre belles sorties vinyles françaises passées au crible

En ce début de printemps, « Musical Echoes » a reçu quelques vinyles maxis et 7″ de producteurs français inspirés. Décryptage de quatre d’entre eux qui méritent (parmi tant d’autres) de tourner un moment sur nos platines !

La dernière release de Bredrin Records au design original et léché.

12″, Higher Meditation : « Land of Zebulon » / « Cyan take it no more ».

Tout beau tout chaud, ce disque vient de sortir, lundi 23 avril. Mais les massives habitués aux sessions sound system le connaissent peut-être déjà, du moins sa face A.
Joué par King Shiloh, Blackboard Jungle ou encore en last tune par Channel One, ce « Land of Zebulon » commençait à se faire attendre dans les bacs. Chacun peut désormais le faire tourner et se laisser ainsi enivrer par cette composition des plus méditative. Intro virtuose au mélodica, riddim soutenu et percutant et version bien raw, cette mélodie est tout simplement inspirée par le divin.

Elle est l’œuvre de Young Addis, Higher Meditation, un producteur français installé à Leicester, en Angleterre qui a notamment profité du studio de Vibroncis pour mixer cette production marquante. Pourquoi s’en priver ?

En face B, « Cyan take it no more » et sa version sont aussi des instrumentaux très méditatifs et aériens, dignes des premières productions de The Disciples ou Vibronics avec une ligne de synthé très inquiétante qui disparaît pour mieux redoubler d’intensité tout au long d’un stepper d’inspiration typiquement britannique. Le part two poursuit dans cette veine et surenchérit dans ce jeu de cache-cache pour achever de nous perdre dans les limbes d’un dub digital intemporel qui fleure bon les 90’s en Angleterre. Un must pour cette première sortie Higher Medidation Records.

🎵Écoutez le titre « Cyan take it no more » ici. 

12″,  Dub Master Clash : « This world is in a Mess » feat. Echo Minott.

Après pas moins de douze sessions sound system en France et même à Berlin, le crew de dubbers français Dub Master Clash édite sa première galette. Elle est sortie sur le mythique label parisien Hammerbass le 07 avril dernier en maxi 12″.

Du lourd au micro avec le chanteur jamaïcain vétéran Echo Minott dont la voix intacte, propose un plaidoyer sur l’état « bordélique » du monde d’aujourd’hui. Alternant chant profond et passages toastés à la manière du deejay dancehall qui a fait sa renommée, le vocaliste se pose à merveille sur une rythmique rampante composée par Pilah, de Dub Addict et Kaly Live Dub, Fabbastone (bassiste, d’High Tone) et Roots Raid d’ODG. Fort d’arrangements subtils et d’une wobble bass en liberté, le riddim est ensuite décliné par Anti Bypass sur une version qu’on croirait sortie d’un studio analogique de Kingston avec des effets soyeux qui rappellent ceux de Scientist voire de son maître, King Tubby.

Les Clermontois de Dub Sheperds proposent une troisième lecture qui part très loin dans la déconstruction du morceau, à grands renforts d’échos et de delay. Une première sortie en forme de SCUD pour les « dub clashers » qui fait parfaitement la synthèse entre la tradition du dub et son avant-garde et que les Parisiens auront sans doute la chance d’entendre pour la première des deux nuits de La Duberie, vendredi 11 mai au Glazart, où Dub Master Clash est à l’affiche.

🎵Écoutez des extraits ici.

7″ Vibescreator : « Messenger » feat. Easton Clarke.

Après le mystique « Jah Glory » chanté par David OneAway et sorti il y a un peu moins de deux ans, le label de Flo Nyabin continue à mettre en musique une parole conscious à grand renfort de rythmiques UK dub.
Cette fois, ce sont les Belges Kris Kingstep et Crucial Alphonso qui sont aux manettes de la production. Le premier dans un style sobre et percutant, alors que le second repatine le riddim dans toute sa profondeur sans effets superflus, mais avec talent. Après une intro calquée sur le fameux Waterhouse style de Mykal Rose, le vétéran Easton Clarke, propage un message rasta sans équivoque d’une voix un peu moins forte qu’à ses débuts, mais toujours assurée. Le tout forme moins un sacré anthem de sound system d’une efficacité redoutable déjà joué par un paquet de sounds et sorti début avril.

🎵Écoutez des extraits ici.

12″ Bredrin Records : « Exalted One » / « Sound Life » feat. Judah Eskender & Danny Red.

Les deux producteurs de Bredrin Records n’ont pas trainé. Après une première release très stepper sortie l’été dernier en 10 pouces, le deuxième disque du label voyait le jour dès début mars en format maxi.
Changement de style avec cette fois des rythmiques plus mélodieuses, mais toujours puissantes et surtout, des morceaux chantés et non plus seulement instrumentaux.
L’intro très martiale de « Exalted One » composée par Ek lance parfaitement la voix grave de Judah Eskender Tafari pour un track entêtant et lourdement chargé en basses.
En face B, Benjahman propose une rythmique plus sautillante propulsée par un synthé de cithare du plus bel effet. En pleine forme, le Londonien Danny Red, la cinquantaine bien tassée, fait l’éloge du sound system et de la vie qu’il exige pour un morceau finalement assez différent du premier, mais tout aussi épuré et efficace !
Déjà jouée par Jah Shaka, King Earthquake ou Blackbaord Jungle, ce disque bénéficie aussi d’un design particulièrement soigné et original à mille lieux des clichés du genre.

🎵Écoutez des extraits ici.

* Si vous voulez que vos productions puissent être chroniquées et jouées dans nos sélections vinyles mensuelles, n’hésitez à nous les envoyer à cette adresse, merci : http://musicalechoes.fr/contact/