Chronique : « Eternal Dub Quantum » de R-Dug

Rien de tel pour accompagner le printemps qu’un album frais et léger ! C’est après deux opus déjà iconoclastes que R-Dug nous propose son nouveau disque ce vendredi 18 mai. À travers ces 13 pistes, il continue d’explorer un dub qui sort largement des sentiers battus.

Cet Eternal Dub Quantum alterne entre des tracks légères et ensoleillées et d’autres plus graves et cependant assez poétiques. Et R-Dug et ses deux acolytes nous proposent plusieurs originalités dans cet album. Premièrement, l’accompagnement par une guitare acoustique, qui peut apporter aux skanks classiques, une touche de légèreté bienvenue ou encore un peu de spiritualité (comme dans « Dusty Dub », construit comme un morceau jazz). Autre originalité et pas des moindres, un chant parfois en français et en espagnol (oui, c’est sacrément osé et alors ?) et l’utilisation de la voix en tant qu’instrument, avec de simples onomatopées qu’on ne tarde pas à fredonner…

Ici, la part belle est faite à l’éclectisme : preuve en est les nombreuses sources d’inspiration ou rapprochements que l’auditeur curieux pourraient faire. « Plastic Fowers » peut rappeler certaines prods dub digitales avec ses synthès inquiétants, « Year’s 70 » un mélange amusant entre Mungo’s Hi-Fi et de Stupeflip (pourquoi pas). La très réussi « The Whispering of Melodica » s’inscrit pour sa part plus dans la lignée d’un stepper minimaliste anglais des années 90, alors que « The Ghost of Paradise » donne à entendre une hybridation entre des sonorités rock indé et stepper.

Optimiste et nostalgique

R-Dug nous propose ici une palette de son savoir-faire, droppant pêle-mêle les expérimentations menées ces derniers temps pour un album inégal, mais audacieux tourné vers le live, à l’instar de « The Whispering of Melodica » dont la fin doit être magique en concert. Le compositeur sait bien installer son ambiance et faire passer son message : une ode à l’écologie, la nature, la montagne (le dubber vit en Ardèche et c’est tout sauf un détail…) tour à tour optimiste, mais aussi parfois emprunte d’une certaine nostalgie…

Si les dernières pistes ne sont pas toutes indispensables, elles devraient toutes faire leur petit effet en concert. Une performance à voir, et un album authentique à écouter sur sa terrasse (mention spéciale pour « Riddim of Sunday Evening ») pour accompagner une belle soirée printanière ou estivale. Avec vue sur la montagne de préférence.

Alex P.

* Eternal Dub Quantum sort vendredi 16 mai en LP vinyle, CD et digital sur le label Green Madness.

Tracklisting :

1- Mansuri
2- Dub me Tender
3- Plastic flowers
4- Riddim of sunday evening
5- Sweet cocoon
6- Year’s 70
7- Cannibal Riddim
8- Dusty Dub
9- The Whispering of Melodica
10- The Ghost of Paradise
11- Score Dub
12- Electro Rooster
13- Different Style.

Le top 3 tunes du chroniqueur : 

1 – Riddim of Sunday Evening

2- The Whispering of Melodica

3- Dusty Dub.

Écoutez « Dusty Dub » ici :


Retrouvez les chroniques de The Dragonfly rags ici et de Elephant Kush ici , les deux premiers albums de R-Dug.