Neil Perch (Zion Train) : « Il y a 30 ans, la scène reggae/dub britannique était noire à 95% »

SOUND SYSTEM INTERVIEW. À l’occasion du prochain Dub Camp Festival, dans moins d’un mois à Joué-sur-Erdre (44), le crew anglais Zion Train est à l’affiche avec son propre sound system, jeudi 19 juillet. Neil Perch, son fondateur historique, qui fête par là même 30 ans d’activisme musical, nous a accordé un bref mais instructif entretien.

Neil Perch (à droite), au Télérama Dub Festival, en 2016, à Paris. Photo : Tom « Tsoham ».

Musical Echoes : Salut Neil, c’est la seconde fois que Zion Train va jouer au Dub Camp après 2016, que penses-tu de ce festival ?

Neil Perch : C’est un événement sympa avec un public positif et des line ups intéressants. J’aime ce festival et c’est un plaisir d’y être invité, mais cette fois, avec notre propre sound system. J’ai hâte d’y être…

M. E. : Es-tu surpris de voir un festival dédié à la culture sound system en France ?

N. P. : Non, la France a la plus grosse scène sound dans le monde à l’heure actuelle.

M. E. :  Le style de musique que tu produis avec Zion Train est très original. Ce n’est pas strictement du reggae/dub, comment le définirais-tu ?

N. P. : On appelle ça la musique de Zion Train. L’originalité est importante dans les arts et la culture, je produis et dirige mes labels selon ce que j’apprécie. Et ce que j’aime c’est l’originalité, pas la copie des copies de copies et la récupération de vieilles idées.

M. E. : Quand tu as commencé la musique en 1990, comment était la scène reggae/dub britannique ?

N. P. : C’était en 1988. La scène était un « truc de noirs » à 95% et elle était très underground à cette époque.

M. E. : Quand et pourquoi as-tu déménagé à Cologne en Allemagne ? Comment est la scène dub là-bas ?

N. P : Je suis venu ici en 2001 par amour de ma femme, mais aussi parce que j’étais mécontent de la vie en Grande-Bretagne pour des raisons sociales et politiques. Aujourd’hui, la scène dub toute petite à Cologne…

« Notre sound system ne casse ni les oreilles ni les équipements » 

M.E. : Ras Lion (Lion’s Den) de Berlin nous disait dans une précédente interview que la scène sound system en Allemagne était petite et mais en constante progression. Qu’en penses-tu ?

N. P. : Non, ce n’est pas vrai, il se trompe, mais c’est probablement parce qu’il est jeune (sourire). Cette scène là était BEAUCOUP plus grosse en Allemagne dans les années 90. Mais ensuite c’est vrai qu’elle a pratiquement disparu avant de grandir à nouveau lentement depuis 2001.

Une partie de l’Abassi sound system, construit avec l’aide de Jah Tubbys, en 2001. Photo : Tom « Tsoham ».

M. E. : Comment sont les sessions à Cologne ou en Allemagne comparativement aux sessions anglaises ou françaises ?

N. P. : Elles sont petites et tristement pas originales bien qu’il y ait des crews sympas qui soient impliqués dans ce mouvement.

M. E : Vous emmenez votre Abassi sound system pour la première fois au Dub Camp, comment définirais-tu ses caractéristiques sonores ?

N. P. : De la haute fidélité et de la stéréo avec un bon volume sonore qui ne casse ni les oreilles, ni les équipements.

M. E. : Quand tu joues sur ton propre system, tu sembles privilégier la qualité sonore à la puissance ?

N. P. : Absolument, nous aimons la musique, pas le bruit.

M. E. : Après près de 30 années de musique, quels sont vos nouveaux projets musicaux ?

N. P. : Je travaille en ce moment sur un nouvel album de Zion Train avec de nombreux musiciens talentueux et des collaborations comme Dub FX, Paolo Baldini et d’autres…

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Emmanuel « Blender ». 

* Zion Train (30th anniversary) meets Dubdadda & full horns section on Abassi sound system, jeudi 19 juillet dans l’Outernational Arena. 

Plus d’infos sur Zion Train ici : http://www.wobblyweb.com

Plus d’infos sur le Dub Camp festival 2018 ici.

La programmation complète du Dub Camp festival #5 ici :