Chronique : « Reptile » de Ashkabad

On n’a encore jamais eu le plaisir de chroniquer une sortie d’Ashkabad chez Musical Echoes. L’injustice est réparée avec la review de l’album Reptile, sorti début octobre chez ODG. Le crew est composé de deux membres, qui explorent un dub machines, très français dans le style, qui se nourrit beaucoup des influences de ses pairs. 

Le sillon de l’électro dub tracé par les précurseurs dès la fin du siècle dernier (High Tone, Kaly, Improvisators Dub…) semble infini… En tout cas, c’est une source d’inspiration inépuisable pour les groupes plus récents. Et récemment, le fondateur du Télérama Dub Festival présentait à Trax les nombreuses connexions existant entre le dub, la bass music et plus globalement l’electro.

C’est dans cette veine que s’inscrit le nouveau projet d’Ashkabad. Et le crew n’en est pas à son coup d’essai : un premier EP en 2010, un album en 2016… Les collaborations et featurings des dub makers marquent assez la teinte de leur musique : Kaly, Ondubground, Iphaze, mais aussi Vibronics ou Aba Shanti I… Un dub aux multiples influences donc.

Les collaborations sont également très riches sur l’album, puisque Ashkabad réussit à réunir autour de lui, côté « Champion MC », Troy Berkley et les deux Lyonnais Nai-Jah et Joe Pilgrim. Fabasstone nous fait aussi l’honneur de sa présence pour déconstruire la dernière tune, « Dub connections », avec même Mahom et Brainless.

« Punk dans l’esprit » 

Sur Reptile, le groupe s’attache à rendre encore un peu plus poreuse la frontière entre la bass culture et le dub.  On retrouve un Nai-Jah plus poète que jamais sur le vibrant « The Streets ». La tune est parfaitement maîtrisée, à base de skanks, de samples lunaires, et d’une basse nappée envoûtante. Le duo continue de nous prouver sa technique sur la très ambitieuse « Countdown ». Joe Pilgrim s’était déjà illustré dans ce type d’exercice avec « The Good, the Bad and the Addict » : un électro dub puissant et militant, très punk dans l’esprit. L’ethno dub année 90 est quant à lui représenté par « Spine Traveller et d’innombrables samples (plus ou moins dispensables) qui parsèment les morceaux pendant qu’on imagine assez bien un gros sound system s’amuser avec « From Bad To Worse »…

La palette des possibilités de fusion est largement étalée, et nous montre autant d’explorations possibles que de tracks disponibles. Les influences semblent nombreuses, de Panda Dub à Kaly, en passant par High Tone pour le côté ethno dub. On peut même aller gratter un peu du côté du dubstep avec le pénible et linéaire « Exuvia », et même pourquoi pas chez les « pure players » comme Paul Kalkbrenner.

Sorti assez discrètement sur un netlabel tellement prolixe que certaines de ses meilleures releases finissent parfois par passer inaperçues, cet album ne révolutionne pas le genre, mais mérite largement d’être découvert en profondeur. Et aimé.

Alex P.

*Reptile est sorti le 1er octobre en libre téléchargement sur le net label ODG

Tracklisting : 

1- Spine traveller

2- Sub Conscious

3- From Bad to Worse

4 – The Streets

5- Exuvia

6- Rive Droite

7- Countdown

8- Wrap it up

9- Black Mamba

10- Dub Connections.

Le top 3 tunes du chroniqueur :

1- The Streets

2- Black Mamba

3- Countdown.

Écoutez et téléchargez l’album ici : 

Ashkabad – Reptile