Les conséquences du Covid-19 sur la scène sound system française #3 : « On peut s’agglutiner dans les supermarchés ou dans le métro, mais on n’a pas le droit de danser ni d’organiser des sessions ! »

DOSSIER. Depuis la mi-mars, la France du sound system et des concerts est quasiment à l’arrêt, mis à part quelques sessions minimes ou « sauvages » (non déclarées) et quelques lives assis… Alors que les professionnels du secteur musical ont lancé l’opération Alerte Rouge mi-septembre pour avertir le gouvernement sur la crise qui les touchent, « Musical Echoes » s’interroge sur les conséquences de cette crise plus spécifiquement sur la scène sound et donne à  la parole à quatre organisateurs de sessions sound system du paysage français : Anne et Olivier des associations « historiques » Musical Riot et Get Up !, mais aussi Benjamin d’Angers Dub Club et Byl de l’asso Faut Qu’ça Sonne.

Le Dub Camp, le Dub Station festival et tous les autres événements estivaux vont-ils pouvoir se tenir en 2021 ? Crédit : Thomas Planchais.

Musical Echoes : À quand remonte votre dernier événement ? Avez-vous pu maintenir vos activités ou organiser des événements depuis le confinement et si oui, où et à quelle occasion ?

Anne Lechevalier, chargée de production pour l’association Musical Riot, Vitrolles (Bouches-du-Rhône) : Les deux derniers événements remontent à février et début mars avec le concert des Twinkle Brothers et Walking Mess Sound à Vitrolles et la session au Molotov, à Marseille, avec Roots Youths, Culture Freeman et OSS Sound (écoutez cette session complète de DJ Kullar ici). Depuis le confinement nous n’avons pas pu maintenir nos activités.

Olivier Bruneau, directeur et programmateur de l’association Get Up ! organisatrice du Dub camp Festival et des Nantes Dub Club, Nantes (Loire-Atlantique) : Tous nos événements ont été annulés depuis le début du premier confinement. Nous avions prévu une Nantes Dub Club en mars avec Queen Omega accompagnée d’I Station sound system et Zongo sound. Nous avons essayé de reporter la date en mai / juin, mais malheureusement nous avons été contraints d’annuler une nouvelle fois.
Depuis, nous n’avons pas fait d’événements… Cependant, depuis le confinement et actuellement nous travaillons sur de nouveaux projets avec différents formats pour 2021. On avance malgré tout. On vous en parlera en janvier si tout va bien !

Benjamin Bouton, organisateur des Angers Dub Club, Angers (Maine-et-Loire) : La dernière Angers Dub Club a eu lieu en octobre 2019 avec Sinai sound system. Nous avions prévu de faire la dixième avec Iration Steppas et son sound system début avril 2020. La date a été reportée une première fois au 9 octobre puis repoussée à nouveau au 29 janvier, mais je n’y crois pas. La station debout étant toujours interdite dans les salles de spectacles.

Byl, président de l’association Faut Qu’ça Sonne, Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) : Notre dernier évènement a eu lieu le 15 février 2020 à l’occasion des Aix Dub Club. Aucune de nos dates n’a pu être maintenues par la suite malgré les efforts d’adaptation imposés par la préfecture.

Quelles ont été les conséquences de l’annulation du Dub Station Festival ? Préparez-vous malgré tout l’édition 2021 ?

Anne Musical Riot : Depuis mi-mars nous avons dû annuler deux Marseille Dub Station, deux Paris Dub Station, le Dub Station Festival 2020 et la première Dub Station à 6mic à Aix-en-Provence.
La ville de Vitrolles qui accueille le festival nous a soutenu financièrement malgré l’annulation, ce qui a permis de limiter la casse… Nous souhaitons évidemment proposer une édition en 2021, mais la situation actuelle nous fait douter de la possibilité de le maintenir encore une fois…

La décision d’annuler la 7e édition du Dub Camp festival l’été dernier n’a pas dû être évidente à prendre… ?

Olivier Bruneau, président de l’association Get Up ! Crédit : Antoine Mogry.

Olivier Get Up ! : En dehors de l’annulation du Dub Camp, nous avons dû annuler une dizaine de dates… Pour le festival, en effet, cela n’a pas été évident… Ce n’est jamais une partie de plaisir d’annuler un événement sur lequel tu travailles toute une année.

La déception des festivaliers fut également la nôtre. Avec le contexte sanitaire et la situation que nous vivions tous, c’était dur de faire ce choix mais il s’imposait à nous. Il n’y a pas eu d’ambiguïté quant au fait d’annuler bien entendu.

De plus, au vu de notre économie fragile, ça a été un coup dur ! Nous survivons grâce au chômage partiel. Nous sommes quatre salariés en CDI à temps plein. On n’imagine pas les frais annexes qu’il y a : loyer, stockage de la scéno, internet et j’en passe…

Ça a été un coup dur également pour nos prestataires, techniciens mais aussi pour la communauté de commune qui accueille le festival. Notre impact économique sur le territoire a été estimé à plus de 3 millions d’euros (retombés économique directe). C’est énorme !

Bref, ce qui nous fait tenir, c’est que nous avons eu énormément de signes de soutien des paysans qui nous prêtent leurs terres, des riverains, des élus, de la famille Dub Camp warriors.. Cela nous touche vraiment ! Beaucoup de soutiens anonymes aussi sur les réseaux sociaux. Ça nous permet d’avancer et de ne rien lâcher. Aujourd’hui, nous nous projetons comme nous pouvons au jour le jour mais nous restons confiants pour l’avenir ! Nous n’avons pas le choix !

Mais honnêtement, le Dub Camp festival va-t-il pouvoir avoir lieu l’année prochaine ?

Olivier Get Up ! : On se prépare comme si ça allait pouvoir jouer, mais sincèrement, nous ne savons pas si le Dub Camp festival pourra se faire ou non. Pour l’instant, une décret gouvernemental interdit les concerts debout jusqu’au 31 mars donc on a bon espoir que ça reprenne normalement ensuite, à partir d’avril, mai ou juin…

Mais nous réfléchissons à toutes les éventualités. En gros, il y a 4 scénarios possibles : un festival normal avec une jauge habituelle ; un festival allégé avec des jauges réduites (1000, 2000, 3000, 5000 personnes et plus) ; un festival sur un site différent dans le centre de Joué-sur-Erdre (44) et enfin ; il se peut malheureusement aussi que le festival n’ait pas lieu du tout, mais on va tout faire pour que cela ne soit pas le cas !

« C’est comme si nous préparions 5 ou 6 Dub Camp au lieu d’un seul…», Olivier Bruneau, Get Up !

Nous travaillons aussi sur l’éventualité de plusieurs week-ends au lieu d’un seul, sur une programmation plus française et/ou européenne selon si les artistes auront le droit de se déplacer ou pas. Ce qui en terme de programmation, d’implantation de site, d’organisation (…) demande pas mal de travail.

En fait, c’est comme si nous préparions 5 ou 6 Dub Camp au lieu d’un seul… Après la force de notre association, c’est notre réactivité. Si nous pouvons faire quelque chose en juillet et/ou en août, nous le ferons, nous serons prêts !  On se prépare à cela et c’est ce qui nous donne bon espoir de sortir de cette crise. Et puis, on sent l’envie du public, son attente qui est énorme et ça nous donne de la force pour continuer quoi qu’il arrive.

Combien de dates prévues initialement ont été annulées depuis la mi-mars ?

Déjà reportées deux fois, cette session risque bien un nouveau report…

Benjamin Angers Dub Club : Avec L’Igloo prod, nous ne faisons pas que des soirées sound system, mais aussi d’autres types de concert et de la tournée. Quasiment toutes les dates de l’été dernier se sont annulées que ce soit en booking ou en production.

Il y a eu une légère reprise depuis juin pour le booking. Pour ce qui est de la soirée sound system (Angers Dub Club #10) en accord avec Iration Steppas, nous la repousserons jusqu’à ce qu’on puisse la faire.

Byl Faut Qu’ça Sonne : En tant qu’organisateur, entre mars et décembre 2020, nous avions 8 dates prévues dont un festival (Southern Resistance Festival). En comptant celles de nos artistes disponibles au booking, on arrive facilement à une bonne vingtaine de dates qui ont été annulées ou reporteés dont une tournée européenne pour Kebra Ethiopia. On travaille activement pour que toutes ces dates soient reportées pour 2021 en espérant que la situation se détende et qu’on puisse travailler.

Quelle a été votre réaction lors de l’annonce du confinement et plus récemment, lors de l’annonce des nouvelles mesures liées aux niveau d’alerte ?

Anne Musical Riot : Nous avons plutôt bien compris la décision du confinement de mi-mars, mais nous ne pensions pas que la situation serait toujours aussi critique plus de six mois après. Au départ nous avions l’espoir de maintenir nos événements d’avril et le festival en juin, nous n’avions pas pris la mesure de ce qui était en train de se passer.

Depuis la mi-mars nous suivons au plus près les différentes annonces en espérant un assouplissement nous permettant de reprendre des activités. Le plus dur et compliqué pour nous, c’est de ne pas pouvoir nous projeter, de reporter des dates sans savoir ce qui nous attend..

Nous avions un petit espoir pour reprendre avant la fin de l’année mais tout semble compromis pour un certain temps.

Olivier Get Up ! : C’est bizarre mais je ne m’attendais pas forcément à un reconfinement total. Finalement ça ne change pas réellement grand chose dans notre quotidien au travail. Nous étions déjà beaucoup en télétravail. On continue d’avancer et d’imaginer plusieurs scénarios pour le Dub Camp Festival 2021 et nos soirées au cas où.

De plus, les liens avec les réseaux professionnels et le SMA (Syndicat des Musiques Actuelles) nous permet d’être au plus près des nouvelles et d’être le mieux accompagné possible juridiquement et administrativement. Et comme je te l’ai dit, nous continuons à travailler sur de nouveaux projets.

Benjamin Angers Dub Club : Aucune réaction à proprement parlé, nous sautions dans l’inconnu, donc on reste calme et on voit ce qu’on peut faire. Aucun plan sur la comète… Après bien sûr, plus temps avancent, plus nous voyons nos possibilités se réduire. Et les inégalités de traitement des différents secteurs d’activités nous agacent un peu. Mais mis à part attendre que les choses changent, nous ne pouvons pas faire grand chose.

Byl, président de l’association Faut Qu’ça Sonne et membre du Walking Mess sound system, avec Alex See (au second plan). Photo : DR.

Byl Faut Qu’ça Sonne : L’annonce du confinement en mars s’est faite deux jours avant une date que nous avions organisé (Akwadub session avec un meeting entre Bhale Bacce sound system et Dub Sherperds sound system). On a attendu les nouvelles, en espérant ne pas annuler jusqu’au dernier moment, malheureusement impossible. On était vraiment très déçus de devoir annuler comme ça, c’est du travail en amont qui a été inutile.

Mais en tant qu’organisateur, on a une responsabilité envers notre public concernant sa sécurité et la santé de chacun. En mars, le danger était présent et on a dû l’accepter. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à comprendre la situation du gouvernement. Récemment, la préfecture nous a interdit un évènement alors qu’à 100km de nous, un festival a été autorisé, alors que le Tour de France a pu avoir lieu… On peut s’agglutiner dans les supermarchés ou dans le métro, mais on a pas le droit de danser ni d’organiser des sessions. Et maintenant, on a carrément le droit à un couvre-feu ! La situation est clairement désespérante.

Certaines sessions peuvent malgré tout se dérouler avec une jauge de spectateurs très réduite, pensez-vous que ce soit la solution pour les mois à venir ?

Anne Musical Riot : Pour le moment il est possible d’organiser des concerts mais seulement assis, la configuration debout est toujours interdite. Et cela est le plus complexe pour nous, car la culture et la musique que nous promouvons depuis tant d’années n’est pas envisageable assis sur une chaise… De plus, les jauges réduites posent le problème de l’amortissement des soirées, sans même parler de les rentabiliser.

À Paris par exemple, si le Trabendo (salle qui accueille notamment les Dub Station dans le 19e NDLR) n’est pas quasiment plein, nous perdons de l’argent. Ça reste donc une éventualité délicate pour nous.

Benjamin Angers Dub Club : Pour une session sound system, que l’on apelle aussi une danse, cette solution n’est pas envisageable. L’obligation d’être assis en soirée sound system, nous ne le sentons pas !

Économiquement, il est très difficile de faire tenir les projets. Pour exemple j’ai travaillé a plateau d’un concert de soutien pour l’hôpital d’Angers, le budget de la soirée était de 4500 €, la salle pouvait contenir 1000 personnes debout, mais nous avons tout installé comme dans un cabaret, avec tables et chaises. Ce qui nous à réduit la jauge à 186 personnes… À 10 € l’entrée. Faites le calcul, les chiffres ne sont pas bons ! Il faudrait mettre des places à 25 €, ce qui n’est pas du tout envisageable. C’est une économie qui ne tient que si nous sommes subventionnés, ce qui n’est pas notre cas.

Byl Faut Qu’ça Sonne : C’est une solution en effet, pour que la culture continue d’exister. Dans notre région, à Aix-en-Provence, le problème aujourd’hui, c’est qu’on n’a même pas le droit de danser et le public doit rester assis. Pour le milieu sound system, je pense qu’on y perd l’essence de ce style musical qu’est la danse et l’interaction avec le public. C’est triste. On reste malgré tout positif et on espère un retour à la normale rapidement.

Sur le plan économique et social, quelles ont été les conséquences sur votre structure (chiffre d’affaires, salariés) depuis cette crise ? Sur l’année 2020 ? Des prévisions pour 2021 ?

Anne Musical Riot : Nous travaillons surtout avec des intermittents du spectacle et bien sûr, un nombre élevé de bénévoles, ce qui nous permet de ne pas avoir trop de charges et de mettre l’association en pause. De plus nous avons pu bénéficier de différents fonds de secours qui ont été mis en place depuis le début de la crise pour la culture.

L’année blanche annoncée par le gouvernement a permis à nos collaborateurs d’être plus sereins jusqu’à présent. Mais de nouveau, la pression remonte au vu de la situation et nous espérons que de nouvelles mesures seront annoncées. Il est très difficile de se projeter mais il semble que le retour à la normal n’est pas prêt d’arriver, même en 2021…

Anne de Musical Riot. DR.

Olivier Get Up ! : Les conséquences sont lourdes. Les recettes principales de l’association qui permettent d’organiser les événements suivants viennent de la billetterie, du bar et de la restauration. C’est donc évidemment compliqué en ce moment… Nous tournons avec très peu de subventions comme tu le sais : 2,5% en tout.

Nous touchons les aides de l’État grâce au chômage partiel, ce qui nous permet de vivoter. Nous allons survivre à cette année blanche 2020, mais nous craignons pour la suite si la situation ne s’améliore pas… Il y a aussi les questions d’intermittence et tout l’écosystème du Dub Camp festival à prendre en compte : intermittents, brasseurs locaux, producteurs agricoles locaux… Le chiffre d’affaire s’en ressent drastiquement pour tout le monde.

Benjamin Angers Dub Club : Je suppose, forcément, après je ne m’occupe personnellement pas de cet aspect dans la structure. Mais je sais que c’est tendu.

Byl Faut Qu’ça Sonne : Heureusement, notre association ne comptait pas de salarié. Pour autant, c’est déstabilisant de voir que nous sommes repartis de zéro financièrement. L’association devra relancer son activité comme nous l’avons lancé au départ ; avec très peu de moyens financiers, mais beaucoup de motivation. C’est là qu’on remercie encore une fois nos bénévoles et notre public d’être présents et de nous soutenir ! En attendant, on compte sur notre label pour équilibrer un peu notre trésorerie, on sort notre prochaine release (sur Walking Mess Records) courant décembre. Et une autre, courant avril 2021.

Une photo extraite de l’ancien monde : celui où les meetings de sound systems étaient partout. Ici, le Dub Fest’#2 en 2014, dans les Deux-Sèvres. Crédit : Thomas Planchais.

Comment voyez-vous l’avenir de vos activités dans les prochains mois à venir ?

Anne Musical Riot : Nous essayons de développer des événements compatibles avec les règles sanitaires comme des projections, des rencontres avec des artistes ou des master class.

Olivier Get Up ! : Nous travaillons sur d’autres formats. Je peux te parler des quelques projets que nous allons mettre en œuvre si nous le pouvons. Nous prévoyons un cycle de conférences suivi de concerts assis, des workshops, des débats, des projections de films… Et d’autres formats de sessions si les concerts debout redémarrent.

D’ailleurs, je remercie les gens de l’ombre qui font le travail le plus dur en ce moment pour maintenir l’association à flot : Mélanie à la communication, Romuald à la production & coordination, Léa à l’administration ainsi que tous les bénévoles et adhérents de l’asso ! Big up à eux !

 « Un retour à la normale au printemps 2021 ? C’est de la spéculation ! » Byl, association Faut Qu’ça Sonne. 

Benjamin Angers Dub Club : On se tourne les méninges, pour ce qui est de la culture sound system, mis à part des workshops, ou des conférences pour le moment, il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives. Pour l’activité d’organisateur, il faut se réinventer. Mais là encore, il est difficile d’arriver à trouver un équilibre économique pour le moment.

Byl Faut Qu’ça Sonne : Pour être honnête, je ne vois pas grand-chose et j’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Tout d’abord, il est presque impossible de s’engager sur des réservations de salles ou d’artistes ; d’une part car nous souhaitons reporter les dates qui ont été annulées, ce qui décale entièrement le calendrier des sessions à prévoir, d’autres part car nous ne pouvons pas nous permettre d’engager des frais, de verser des acomptes, sans aucune visibilité sur la possibilité de réalisation de ces projets. Tous les mois, le gouvernement change son discours et revois la situation, assez souvent en notre défaveur.

Ces derniers temps, on entend parler d’un retour à la normale après le 31 mars. Ils se disent qu’avec le retour du printemps et peut être d’ici là, ils auront trouvé un vaccin. Mais qu’on soit clair, c’est de la spéculation. On ne peut pas travailler de cette façon. Certains gros bonnets ont tous reporté leurs tournées à 2022, alors comment être confiant ? Du coup, j’attends d’avoir des nouvelles concrètes du gouvernement pour pouvoir relancer la machine, mais pour le moment, le flou est constant.

Que pensez-vous de la gestion de cette crise, notamment pour le monde de la culture et des associations ? Qu’attendez-vous du ministère de la culture et plus globalement, du gouvernement ?

Anne Musical Riot : C’est difficile de parler de ça sans être un spécialiste en la matière. On comprend que ça doit être compliqué de gérer une pandémie. Pour autant, la gestion de cette crise nous semble manquer un peu de bon sens. On préfère enfermer les gens et suspendre leurs libertés de rassemblement plutôt que de mettre les gros moyens sur la santé et l’hôpital. On pourrait peut-être vivre normalement si les hôpitaux étaient en mesure de s’occuper de toutes les personnes touchées par le virus. Mais on n’est pas des spécialistes…

Depuis le premier confinement, 5 sessions Dub Station ont été annulées : deux à Marseille, deux à Paris et une dernière à Aix-en-Provence, en octobre dernier.

Olivier Get Up ! : Ce que je peux te dire, c’est que nous nous attendions à plus d’équité dans l’accès aux aides à notre niveau ! Clairement, il y a des différences entre un festival « reggae » et un festival « mainstream ». Mais bref…

Globalement, nous aurions aimé de la considération et avoir des réponses plus tôt. Le silence a été dur à gérer ! Nous attendons également une prise en compte des ressources générées par l’écosystème d’un festival mais aussi son aspect sociétal et d’accès à la culture. Les temps sont durs pour tous les indépendants et professionnels du secteur (manager, régisseur, road, directeur technique, médias, booker, technicien…) Nous attendons une reconnaissance de tous ces métiers. La culture est essentielle !

Benjamin Angers Dub Club : Une vraie position dans le temps. Que l’on puisse s’organiser sur au moins six mois à l’avance. C’est assez dur psychologiquement de travailler à l’organisation d’évènements dans le cadre du covid-19, de suivre toutes les recommandations et de voir les événements annulés au dernier moment par la préfecture.

Byl Faut Qu’ça Sonne : Depuis le début, c’est un enchainement de bourdes, de mensonges et d’incompréhension de la part du « gouverne-ment ». Honnêtement, je n’attends pas grand-chose. J’espère juste un retour à la normale ou du moins qu’on nous laisse travailler.

Quand aura lieu votre prochain événement ?

Olivier Get Up ! : Si tout va bien début 2021, mais sous quelle forme ? Il est encore difficile de se prononcer…  Mais quoi qu’il arrive on vous fera ça aux petits oignons.

Benjamin Angers Dub Club : 29 janvier 2021 normalement Angers Dub Club # 10, avec Iration Steppas full sound feat. Diego Ranking au centre culturel Jean Carmet à Murs-Erignés, dans l’agglomération d’Angers.

Byl Faut Qu’ça Sonne : Normalement en avril 2021, on croise les doigts. ♦

Propos recueillis par Robin Mulot et Emmanuel « Blender ».

Crédit : Thomas Planchais.


* Sollicitée et relancée plusieurs fois, l’agence de booking Cartel Concerts (à Paris) n’a pas répondu à nos questions.

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