Live Tape Archive #5 : Daddy U-Roy au New Morning (2005) et à la Belleviloise de Paris (2009)

Les archives du reggae n’ont pas encore livré tous leurs trésors, Musical Echoes vous propose ainsi des focus sur des concerts et sound systems historiques. Comment ne pas consacrer notre cinquième volet à Daddy U-Roy, qui vient de nous quitter, le 17 février dernier, à l’âge de 78 ans ? Le temps de deux lives parisiens, à quatre ans d’intervalle, dont le premier raconté par un témoin direct, retour sur la bête de scène qu’était le père fondateur du toast !

Sacrée affiche ce soir-là au New Morning (Paris) : Gregory Isaacs, U-Roy, Frankie Paul et Llyod Parks. Seul ce dernier vit encore aujourd’hui (72 ans). Crédit : Laurent (Rootikal Vibes).

C’est une affiche comme les années 2000 en proposaient assez souvent en France : une réunion de légendes jamaicaïnes en live and direct. En l’occurence, ce sont Llyod Parks, Frankie Paul, Gregory Isaacs et the Originator, Daddy U-Roy qui occupent le devant de la scène du New Morning (Paris, 10e), ce mercredi 13 juillet 2005.

Pour les accompagner, le groupe We People Band, dans lequel le premier cité joue de la basse, mais prend aussi le micro en ouverture du concert. Entre Frankie Paul et le « Cool Ruler », l’inévitable U-Roy fait un passage éclair de 30 minutes. Un peu frustrant pour le public, mais « intense » selon le compte-rendu du webzine JAHSound.net, présent ce soir-là. Laurent, du sound system Rootikal Vibes (25), 22 ans à l’époque, n’a pas laissé passer l’occasion de voir ces monstres sacrés du reggae, lui qui habitait alors dans les Yvelines (78) : « J’avais l’habitude à cette époque d’aller voir des légendes encore vivantes du reggae au New Morning, au Cabaret Sauvage ou en banlieue aussi. Il y avait encore beaucoup de concerts avec de super backing bands. »


Surtout, en 2005 et à l’inverse de son compatriote, Gregory Isaacs, déjà diminué physiquement et vocalement, »U-Roy était encore en forme, contrairement aux lives que j’ai vu à partir des années 2010« . Celles et ceux qui étaient présents dans la même salle, dix ans plus tard, en février 2015, ne le contrediront pas : le papa des deejays, alors grippé et fatigué, n’était que l’ombre de lui-même, même si il essayait de donner le change à son public, toujours chaud et nombreux.

Retour en 2005 : « Je me rappelle de classiques comme le « Natty Rebel « sur le tune des Gladiators. Pour ma part je suis plutôt fan de ses tunes présents sur le LP Version Galore (sorti sur Treasure Isle en 1973 NDLR), et j’ai été servi ce soir-là avec des morceaux comme « Wear You To The Ball » ou la reprise de « Only A Smile » des Paragons. Je me rappelle bien aussi du « Chalice in the Palace » aussi sur le riddim « Queen majesty » de The Uniques« , confie le selecta. « Un concentré de U-Roy », même sur un set très court.

Quant à l’atmosphère, il était naturellement surchauffé, « grosse ambiance avec le petit fan club féminin de 50/60 ans, les anciennes hurlaient et ça draguait« , se remémore Laurent. Clou du spectacle, les quatre vocalistes se retrouvent en clôture du concert le temps de quelques morceaux sur les coups de minuit. Et U-Roy de toaster sur les versions des morceaux chantés au préalable par les trois autres artistes ! L’essence même du reggae jamaïcain originel où le chant du chanteur et le toast du deejay sont les deux faces indissociables d’une même pièce. Ou plutôt d’un même disque. Avec U-Roy, le reggae vient certainement de perdre le plus bel ambassadeur de ses faces B. ♦

E.B.

*N’hésitez pas à nous faire part de vos souvenirs des concerts de U-Roy en commentaire de cet article. Merci.

🎵 Écoutez le passage de U-Roy lors de ce live au New Morning, en 2005 ici :

🎵 Écoutez un autre live parisien de U-Roy à La Bellevilloise, le 23/04/2009 ici :

Merci à Jah Breizh, Jahvi et Dubwise.