Le long sommeil forcé des sound systems : « La sono, c’est ton bébé, tu dois bien évidemment faire attention à son entretien et son stockage ! »

Que c’est long… Depuis la mi-mars 2020, tous les sound systems sont au repos en France. Plus de sessions dignes de ce nom dans l’Hexagone. Et pourtant, ce sommeil prolongé ne signifie pas forcément aucune activité sur les équipements. Cinq sound men, Clément (RDH Hi-Fi), Nico (Prayazen), Rico (O.B.F), Florent (Nyabin) et Julien (Garladub), nous expliquent comment ils entreposent et entretiennent leur précieux matériel avant de pouvoir à nouveau, ressortir la bête et la faire rugir de plus belle !

Rico et G. d’O.B.F, dans le local de rangement de leur sound system, en 2020.

Quand avez-vous sorti votre sound system pour la dernière fois en session ?

Clément RDH Hi-Fi sound system (Nantes, 44) : courant de l’été 2020.

Nico Prayazen sound system (Montreuil, 93) : Nous avons eu la chance avec Prayazen, de jouer trois semaines d’affilée  juste avant le premier confinement (Aubergin’Dub aux côté de Sparky Riot (Daman) et d’ISt3P), puis meeting 4 bass à Nancy aux côtés d’EDS, qui organisait, ainsi que Bassline Souljah. Enfin, la semaine avant le confinement, encore un gros meeting 4 bass aux côtés d’Agobun et de Kalli Bird.

À la suite de ces trois sessions, pas mal de casse, surtout niveau sub. C’est quelques mois plus tard, pour notre toute dernière sortie, qu’on s’est rendu compte que pas mal de matos était KO. C’était lors d’une petite session privée en plein air, non loin d’Orléans aux côtés des Steppin Forward et du frérot Skanking Echoes (Adubtion Family) au mois de septembre dernier.

Rico, O.B.F sound system (Haute-Savoie, 74) : C’était à Montpellier au Mélomane Club début mars 2020 avec Señor Wilson et Jacin.

Florent Nyabin sound system (Paris, 75) : La dernière session officielle avec la sono, c’était un sound meeting organisé par Jesus Dread à Achères (92) en banlieue parisienne en septembre 2019, avec ce crew, Stepper Allianz et nous. On se connait tous assez bien et on s’était mis d’accord pour apporter 4 bass chacun. C’était un bel exemple de meeting avec chaque sono bien différente et chacun sa manière de se présenter aussi bien dans la sélection que dans l’animation. Super session remplie de vibes avec un public venu des 4 coins de l’Île-de-France et au-delà !

Julien Garladub sound system (Aubagne / Marseille, 13) : C’était cet été au début du mois de septembre, au cours Julien à Marseille.

Où rangez-vous vos équipements et comment ?

Clément RDH : Dans un grand hangar mutualisé, certaines choses sont sur des palettes pour limiter la moisissure.

Nico Prayazen : Jusqu’au mois de septembre 2020, la sono était stockée dans un sous-sol d’un des membres du crew à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Mais c’était galère : on réveillait les colocataires systématiquement le matin quand on rangeait la sono (large up Zulu Vibes, qui nous a engueulés plus d’une fois), et l’accès n’était pas très pratique (escaliers, plafond bas..)

Quelques semaines et rencontres plus tard, un plan nous permet enfin de bouger ailleurs. Direction Antony (92), dans un vrai hangar : merci à l’association Raeve Lucide (voir ici) de nous laisser une partie de son local.

Rico, O.B.F :
Nous avons un local qui nous permet d’entreposer la sono, mais aussi d’y faire l’entretien.

Florent Nyabin : Depuis quelques années maintenant, la sono est stockée dans la maison familiale d’un membre du crew dans le 91. Les amplis sont dans une partie chauffée de la maison et les boxes et câbles qui craignent moins l’humidité sont dans un local dans le jardin. Les éléments les plus stratégiques (preamp, platines, effets… ) sont en lieux sûrs répartis entre les membres du crew qui en ont l’usage quotidien.

Pour l’heure remisés, les amplis de Nyabin sound system attendent de pouvoir chauffer à nouveau !

Julien Garladub : Les boxes ainsi que tous les équipements sont rangés dans un local technique chez l’un des membres du crew.

Avez-vous une méthode précise pour ranger votre sound system ou est-il entreposé en vrac ? Quel volume à peu près cela prend-il ? Le stockage du sound et la place qu’il prend est-il un problème pour vous ?

Clément RDH : La majorité du matériel amené à bouger est sur des roulettes (les caissons sans roulettes sont mis sur ceux qui en ont), afin de faciliter au maximum le déplacement d’une partie ou de toute la sono si besoin.

Nico Prayazen : Nous payons la location au m². Nous prenons à peu près 10m². Étant donné que d’autres sonos sont aussi sur place, mais surtout la présence de l’association citée plus haut qui a besoin d’espace pour travailler (ils font de la déco pour des événements), tout le rangement est millimétré.

La grande hauteur sous plafond, le sol plat et les dix mètres seulement qui séparent le camion de l’endroit où la sono reste entreposée font que les conditions sont idéales pour un déchargement du sound en douceur.

Rico, O.B.F : Le rangement « tetris » et organisé est obligatoire. Il faut que le rangement soit fonctionnel pour pouvoir travailler dessus mais aussi pouvoir embarquer facilement le sound en cas de session.

Le rangement est simple : les basses en bas. Les mids au dessus. Et les top au sol sur roulettes. On peut donc ainsi tout déplacer facilement, surtout si G. Operator se retrouve seul au local pour bosser, il peut aussi déplacer les kicks qui sont relativement légers. Et donc accéder aux basses facilement. Tout est pensé pour un rangement ergonomique et pratique à la fois.

Florent Nyabin : En ce qui concerne les boxes, on a fait leur design dès le début en pensant aussi à la facilité de rangement, que ce soit dans le camion ou dans le local, en suivant les conseils avisés de nos aînées, donc c’est pas en vrac mais au contraire très bien organisé car simple et optimisé. Pareil pour les amplis et autres qui sont tous rackés dans des
caisses faites maison, mais faciles à ranger et bouger. Ça fait partie des bons conseils à suivre qu’on a appris de nos aînés comme tout bon boxboy qui se respecte ! En plus de savoir bien porter pour ne pas abîmer le matos à chaque mouvement.

Julien Garladub : Le sound est rangé de manière ordonnée, les boxes d’un côté, les amplis et les machines de l’autre et les câbles dans une caisse dédiée. Il faut que ce soit clair et rapide lorsqu’on part en session. Cela remplit environ 15m².

 

Quand le sound system ne sort pas, nécessite-t-il un entretien particulier ? Doit-il être conservé dans des conditions particulières ou non (à l’abri de l’humidité, de la lumière ou de la poussière…) ?


Clément RDH :
Pas vraiment, bien sûr l’humidité n’est pas bonne pour le matériel électronique, les caissons en bois, les haut-parleurs, etc… Jusqu’à maintenant on n’a pas eu de soucis avec tout ça, malgré une humidité ambiante plutôt élevée là où est stocké notre matos.

La sono de Prayazen dans son hangar de stockage.

Nico Prayazen : Notre tout premier box, était vraiment juste une sorte de box pour voiture : pas d’électricité, un toit en tôle, pas d’isolation et l’humidité n’a clairement pas aidé à ce que notre matos soit maintenu en bonne état malgré le fait que nous bâchions la sono.

Aujourd’hui, c’est plus la poussière qui nous préoccupe. On l’a sortie au mois d’avril dernier (2021) pour la réalisation d’un clip de rap (décors) : je n’avais jamais vu autant de poussière sur notre belle sono par défaut toute noire devenue presque grise. Un bon coup d’éponge et quelques seaux d’eau plus tard et elle reprenait vie (voir photo ci-contre).

La poussière peut vraiment avoir des conséquences sur le fonctionnement du sound : je me souviens au Dub Camp festival 2019, le dimanche soir de notre week-end à sonoriser le camping (Rootsman Corner), notre ampli sub s’est mis en protection car trop de poussière. Heureusement que Stepper Allianz avait le même ampli neuf dans un carton, on a pu faire le changement pour le tout dernier tune du festival. C’était épique !

Rico O.B.F : Le matériel doit être entreposer du mieux possible, il y a de l’électronique à l’intérieur, du cuivre, des soudures (…), donc inévitablement, il doit être stocké dans un endroit sec et tempéré si vous le pouvez. Ça n’a pas toujours été le cas pour O.B.F, au début notre sono était stocké dans une cave mais plus tu avances, plus tu te rends compte de l’importance du lieu de stockage. La qualité du local est primordial pour travailler correctement et prendre soin de la sono pour la faire durer dans le temps.

Florent Nyabin : Oui il y a certaines pièces stratégiques qu’il ne faut surtout pas stocker dans un local humide, et d’autres qui craignent moins ce problème même s’il faut rester vigilant. En fonction du rythme des sorties, il faut bien sûr faire un entretien régulier, surtout avant les grosses sessions : vérifier tous les câbles un par un, dépoussiérer les amplis… Sans parler des disques et autres acetates qu’il faut bien conserver…

Julien Garladub : Quand on utilise pas le sound, il reste enfermé dans ce local, à l’abri de l’humidité pour protéger les HP et les composants électroniques des machines. On dépoussière et nettoie les machines régulièrement avant les sessions.

Existe-il un risque de ne pas sortir et faire fonctionner le sound system pendant très longtemps ? Existe-il un risque inhérent à ses conditions de stockage ?

Clément RDH : Je serais tenté de dire non, mais je ne suis pas un expert des haut-parleurs (je pense que c’est la partie la plus critique).

Nico Prayazen : Nous avons la chance avec Prayazen d’avoir eu l’occasion de souvent sortir la sono depuis sa création en 2015. Mais comme nous ne sommes pas hyper spécialisés dans la technique, je ne saurai te raconter des histoires là-dessus (4 bass grillées plus 2 bas-mediums, et notre casse globale s’arrête là en 6 ans). Je pourrai t’en dire plus à la sortie de ce confinement.

Rico O.B.F : On l’a vu cette année avec la crise sanitaire et la fermeture des établissements, notre équipement est resté bloqué, immobilisé, il n’a pas tourné depuis plus d’un an. Une sono a besoin de tourner pour fonctionner, donc si tu es à l’arrêt forcément elle va vieillir et se rouiller…

C’est ton métier, c’est ton bébé, tu dois bien évidemment faire attention à son entretien et son stockage et il y a forcément des risques si elle est mal entreposée.

Florent Nyabin : Nous faisons tourner la sono a rythme plus ou moins régulier, mais on ne fait pas partie de ceux qui sortent la sono le plus souvent, genre tous les week-ends même si ça nous est arrivé, donc on fait surtout très attention au stockage (et au rangement / vérification après chaque sortie) et jusqu’ici, on n’a jamais eu de mauvaises surprises. Bien sûr, ça
demande beaucoup plus d’exigences quand on répond à une demande de sonorisation professionnelle, en particulier quand il faut sonoriser des artistes.

Pour ce genre de sessions ou les grosses sessions amateurs, on fait donc toujours un check complet avant car on n’est pas à l’abri d’un câble défectueux voire pire. Pour les amplis, on utilise des pièces traditionnelles réputées pour leur robustesse donc il n’y a presque jamais eu de problèmes.

Julien Garladub : À notre connaissance, si la sono est rangée dans un endroit sec, sans lumière ni humidité, elle ne risque pas grand-chose. Le risque pourrait être plus pour les machines électroniques.

Nettoyage des scoops du Garladub sound system après le ERVA festival, dans la Drôme (26).

Profitez-vous de cette longue période pour effectuer des tests sonores, des réparations, des adaptations ou de l’entretien sur votre sound system (voire un changement complet) ? Si oui lesquels ?

Clément RDH : Oui on remembrane, je compose aussi, et puis on réfléchis à comment organiser la reprise en légal ou en illégal s’il le faut…

Nico Prayazen :
Nous aimerions bien, mais la moitié du crew est maintenant dans le sud de la France, les autres un peu loin du box, les activités professionnels de chacun et évidemment la situation sanitaire qui techniquement nous empêchent concrètement de nous en préoccuper. Je pense qu’au moment où un retour à la normale se fera sentir, la motivation et l’envie
de tout remettre d’équerre nous reprendra instantanément.

En attendant, on en profite pour faire de la création au sein du crew (pleins de nouveautés en stock), pour faire de la production aussi avec Jah Clean Records (voir ici) et supporter et aider les copains qui ont leurs propres projets.

Rico O.B.F : Oui en effet, pendant ce temps calme, il faut continuer à entretenir le matériel, c’est essentiel. On va sûrement repeindre les boxes, mais on ne va pas tous changer car à chaque fois c’est un gros investissement le matériel sono et c’était grâce aux dates que nous pouvions acheter du nouveau matériel, du coup, on reste sur l’entretien global, mais on a tellement hâte que ça reprenne.

Florent Nyabin : On aimerait bien mais avec les moyens et le temps libre dont on dispose, ce n’est pas facile. C’est pour ça aussi que dès le début de la construction, en 2010, on a toujours privilégié la simplicité et le type de son en quoi on a cru dès le début donc au final on n’a jamais ressenti le besoin de changer fondamentalement la sono car on est très satisfait avec ce qu’on a et les quelques ajustements qu’on peut faire ici et là évidemment.

La sono de Nyabin, bien rangée, attend de rugir à nouveau !

C’est pratique car tout ce temps libre économisé nous permet d’en passer beaucoup plus sur nos productions musicales, et on peut dire qu’on a été bien actifs pendant cette période avec 2 maxi singles et 1 album sortis en vinyle, des sorties digitales via notre nouvelle page (voir ici) et plein d’autres productions destinées à des sorties futures ou juste exclusives pour le sound. On en a même profité pour faire des t-shirts et autres stickers qu’on avait jamais pris le temps de faire auparavant, c’est dire !

Julien Garladub : Cette période nous a permis de changer nos 4 scoops en médium (panneaux de fibre) pour en fabriquer 6 nouveaux en contreplaqué. Nous avons aussi refait la peinture des autres caisses.Nous avons fait des mesures acoustiques pour améliorer le rendu de la sono. Ce confinement nous a aussi motivé à investir dans un préamp dub.

Pendant cette période, avez-vous quand même fait fonctionner votre sound dans le cadre privé ? Juste pour des amis, de la famille ou pour votre plaisir personnel de l’entendre à nouveau ou de tester des nouvelles productions sorties récemment ?

Clément RDH : Oui entre copains, chez un ami qui a la chance d’avoir un espace extérieur sans trop de voisin, mais ce n’est arrivé qu’une ou deux fois. C’était plus pour se faire plaisir entre potes.

Nico Prayazen : Pas du tout, à part cette session du mois de septembre dernier et la réalisation du clip, nous n’avons rien fait et pas du tout sorti la sono sachant que cette dernière activité ne nous demandait pas de sonoriser le tournage, juste de poser la sono en déco. C’est surtout mes voisins qui doivent profiter de toutes ces nouveautés. J’irai leur demander ce qu’ils en pensent à l’occasion.

Rico O.B.F : Notre sono nécessite du 63 ou 32 ampères minimum pour fonctionner, du coup il est presque impossible de la faire fonctionner entièrement, ne serait-ce que même qu’un stack de deux bass. On teste seulement élément par élément, mid, top, kick ou bass. Unité par unité.

Et nous n’avons pas oser la sortir dans le cadre privé car les voisins auraient été vraiment surpris (rires).

« On est comme des lions en cage à qui on n’a pas donné à manger depuis tout ce temps. Concrètement, on rêve de foutre le feu ! »

La mini sono, (« mini chouette ») a été construite à Cologne (Allemagne) par Sady du Young Veteran sound system.

Florent Nyabin : Non on n’a pas sorti la sono complète depuis tout ce temps malheureusement. Mais en réaction, on a maintenant aussi une mini sono (boxes et ampli, qu’on appelle la « mini chouette ») qui fonctionne avec la même control tower donc beaucoup plus adaptée pour des sessions plus petites tout en gardant une vraie expérience sound system. Elle a été construite par notre ami Sady du Young Veteran sound system à Cologne, en Allemagne. On l’a sortie pour des évènements privés et familiaux ce qui nous a permis de la valider complètement et de tester nos prochaines productions.

À ce stade, on souhaite s’en servir plus régulièrement dès que les sessions reprendront, en particulier pour les configurations types petit local à Paris. Bien sûr, l’idée avec ce nouveau format, c’est de pouvoir redémarrer à jouer le plus tôt possible même s’il y a encore quelques restrictions par exemple sur les jauges. Ainsi on pourra reprendre le rythme des sessions régulières et continuer à maintenir un bon niveau de prestation.

Julien Garladub : Non, il est resté endormi dès lors que les restrictions gouvernementales ont été prononcées.

Savez-vous quand allez-vous pouvoir rejouer en public sur votre sono ?

Clément RDH : Aucune idée, vraiment…

Nico Prayazen : Au même titre que tous les autres crews et organisateurs, le futur étant assez flou, rien de précis pour l’instant. Wait and see.

Rico O.B.F : On a peut être une date prévue dans un festival en juillet… On croise les doigts pour que ça se confirme.

Florent Nyabin : On a eu une date en attente annulée juste avant le confinement qu’on attendait avec grande impatience et qu’on a du reporter plusieurs fois au rythme des confinements et reconfinements, donc on attend que le redémarrage pour la refaire. J’espère à la rentrée septembre 2021. L’avantage c’est qu’on aura eu encore plus de temps pour bien se
préparer à cette session qui s’annonçait déjà essentielle dès le début.

Et puis on répond toujours aux demandes de sessions plus ou moins privées à Paris ou ailleurs donc il y a quelques projets en place qui pourraient se concrétiser dès la fin du confinement, et peut-être grâce au format mini sound.

Julien Garladub : À l’heure actuelle, nous ne pouvons pas prendre de risques par rapport à la situation sanitaire… J’imagine que c’est le même flou pour tout le monde. Peut-être quand les terrasses rouvriront ?

Comment réagissez-vous à l’annonce des annulations des festivals estivaux en France,
comme celle du Dub Camp, jeudi 15 avril ? Vous y attendiez-vous ?

La sono de RDH Hi-Fi, vue de derrière, au Dub Camp festival, en juillet 2019. Photo : Luc As.

Clément RDH : Bien sûr… Les gros évènements sont, selon moi, condamnés pendant encore un moment. Ça me paraît impensable de passer de 0 à un attroupement de plusieurs dizaines de milliers de personnes du jour au lendemain… J’espère que l’année prochaine ça sera OK… Et que les structures organisatrices auront tenu le choc d’ici là…

Nico Prayazen : Je ne te cache pas que je n’ai pas vraiment été surpris. On n’arrive pas à apercevoir le moment où on va pouvoir se poser en terrasse, c’est pas pour que ce genre d’évènements puissent se tenir. Je suis assez peu optimiste sur une date de reprise officielle et dans des conditions optimales (ne me parle pas de soirées sound system assis). Mais je sais que ça va arriver et j’espère, plus vite que je ne l’imagine. Surtout pour tous les frangines et frangins intermittents qui galèrent en ce moment. Grosse force à eux !

Rico O.B.F : Je ne me fais plus de faux espoirs depuis bien longtemps, on a été dans le flou pendant plus d’un an et ça ne va pas changer tout de suite malheureusement, en tout cas pour les soirées sound system . Par contre on comprend très bien la position du Dub Camp et on la soutien à fond .

Mais on ne lâche rien, je reste donc concentré sur d’autres activités comme la production et le développement du label avec la team Dubquake Records (voir les différentes releases ici).

Florent Nyabin : On s’y attendait bien sûr. On est hyper solidaire de tous ceux qui se donnent un mal de chien pour organiser ces festivals en temps normal, que ce soit en tant qu’artistes ou en tant que public. En ce qui concerne le Dub Camp, on a une affection particulière pour toute l’équipe qui nous a fait confiance régulièrement et dès le début en 2014. Il ne faut rien
lâcher et je doute pas qu’on se retrouvera vite pour des jours meilleurs avec une énergie décuplée.

Julien Garladub : C’est bien triste de voir que le gouvernement ne propose d’alternatives autres que celles applicables uniquement pour les festivals de musique type classique ou jazz… Une pensée, pour les festivals tels que le Dub Camp qui doivent fermer leurs portes avant même d’avoir pu les ouvrir…

À quoi rêvent les sound systems lors de ce long sommeil forcé ?

Clément RDH : Obvious mais : ressortir la sono… ressentir les basses…. jouer… revoir les potes et faire kiffer les gens…

Nico Prayazen : Pour ma part, depuis ma venue à mon tout premier sound, il y a plus de 10 ans maintenant, je n’ai jamais fait de “pause” de plus de 3 semaines. Là, on est comme des lions en cage à qui on n’a pas donné à manger depuis tout ce
temps. Concrètement, on rêve de foutre le feu !

Rico O.B.F : Ils rêvent à toutes les étapes pour la reprise : louer les véhicules, le chargement, le trajet, les boxmens, l’installation, les sound check, les réglages micro, l’arrivée du public, une dance survoltée all night long, le sol qui colle, l’odeur de sueur et de bière, les lumières qui s’allument pour la last one

On a tellement hâte de retrouver le public et son énergie !

Florent Nyabin : Au redémarrage des sessions ! Pour enfin tous se retrouver autour d’un bon son et partager tout le travail musical effectué, que ce soit pour faire écouter nos nouveaux dubs, ceux qu’on avait enterrés et redécouverts en fouillant les archives, les nouvelles productions à venir, et le meilleur des nouveautés ou autres vieux disques qu’on a continuer à acquérir pendant tout ce temps comme d’habitude finalement. Donc on pense simplement à choisir le meilleur du meilleur quand le temps sera venu pour représenter au mieux notre vision du sound system avec le public qui nous manque !

Julien Garladub : Les sound systems rêvent de vibrations, de sensations. Leurs rêves ne doivent pas être si loin des nôtres finalement. Seulement pouvoir faire résonner la basse du reggae music au travers des scoops… ♦

Propros recueillis par Emmanuel « Blender ».

À venir : d’autres témoignages de sound systems non français sur le même thème ! Vous aimez le travail de Musical Echoes ? Vous pouvez soutenir notre média associatif ici : https://www.helloasso.com/associations/musical-echoes/formulaires/1 Merci d’avance !

Regardez d’autres photos du rangement, stockage et de l’entretien du Garladub sound system ici (crédit : Paco) :

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